Saturday 8 May 2021
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reliefweb - 4 days ago

World: Le Conseil de sécurité précise les moyens d’une meilleure protection des biens indispensables à la survie des civils en temps de conflit

Countries: Afghanistan, South Sudan, Syrian Arab Republic, World, Yemen Source: UN Security Council SC/14506 Le Conseil de s curit a adopt , ce matin, l unanimit de ses membres, la r solution 2573 (2021), aux fins d une meilleure protection des biens indispensables la survie des civils en temps de conflit, tels que les h pitaux, les installations permettant d acc der l eau et l lectricit ou bien encore les infrastructures agricoles. Les attaques contre ces infrastructures humaines vitales restent en effet une r alit quotidienne et constituent une insulte la Charte des Nations Unies, comme l ont rappel les intervenants de ce d bat pr sid par le Ministre des affaires trang res du Viet Nam. Dans cette r solution, le Conseil condamne tout d abord les attaques qui ont pour cons quence de priver la population civile des biens indispensables sa survie et rappelle qu elles constituent des violations flagrantes du droit international humanitaire. Il exige des parties des conflits arm s qu elles respectent ce droit, qu elles fassent la distinction entre les populations civiles et les biens civils et les combattants et les objectifs militaires et qu elles interdisent les attaques sans discrimination et disproportionn es. Le Conseil condamne en outre l utilisation de la famine comme m thode de guerre, qui pourrait constituer un crime de guerre, ainsi que les refus illicites d acc s humanitaire et la privation des civils des biens indispensables leur survie. Les parties bellig rantes doivent prot ger les infrastructures civiles cruciales l acheminement de l aide humanitaire et observer une pause humanitaire durable pour faciliter ledit acheminement, ainsi que la distribution de vaccins contre la COVID-19, pr cise le texte. Dans cette r solution, le Conseil encourage les efforts visant prot ger les personnes qui exercent des fonctions li es l exploitation, entretien et r paration de ces biens, ainsi qu faciliter le passage du mat riel n cessaire ces fins. Enfin, le Conseil encourage le renforcement du savoir-faire technique des quipes de pays des Nations Unies afin qu elles puissent, dans le cadre de leurs mandats respectifs , r agir efficacement pour appuyer la prestation de services essentiels. Dans leurs d clarations, les intervenants ont explor d autres pistes d une protection renforc e de ces biens, commencer par le Secr taire g n ral adjoint aux affaires humanitaires qui a pr n une meilleure identification de ces biens et une actualisation des listes des biens ne pas frapper. Le Secr taire g n ral adjoint a surtout insist sur la n cessit d un tablissement des responsabilit s pour les auteurs de violations d lib r es. Il s agit du plus grand d fi dans le domaine de la protection des civils , a-t-il estim . Cet appel a t relay par de nombreuses d l gations, telles que la France, l Estonie, ou bien encore la Norv ge. La Ministre des affaires trang res de l Estonie a exhort le Conseil d ferrer des situations devant la Cour p nale internationale chaque fois que n cessaire, tandis que le Vice-Ministre adjoint des affaires trang res de la Norv ge a appel les parties au Statut de Rome ratifier le r cent amendement relatif au crime de guerre d affamement lors d un conflit arm non international. L impunit doit cesser , a-t-il insist . De son c t , le Pr sident du Conseil d administration de l *International Peace Institute *a appel le Secr taire g n ral user de ses bons offices pour engager le dialogue avec toutes les parties un conflit arm , y compris les groupes arm s non tatiques, afin de faire respecter les lois de la guerre. L ONU elle-m me devrait veiller prot ger les infrastructures civiles, en veillant ce que ses op rations fassent preuve d un respect irr prochable des droits de la personne, a-t-il affirm . Le Pr sident du Comit international de la Croix-Rouge a, lui, demand aux E tats d adopter des mesures pour mieux comprendre les effets des conflits sur l environnement naturel et de minimiser les cons quences n gatives des op rations militaires sur l environnement et les civils qui en d pendent. Il a galement demand que les r gimes de sanctions et les mesures antiterroristes soient conformes au droit international humanitaire, en particulier aux r gles r gissant les activit s humanitaires. Les sanctions ont t au c ur de la d claration du Vice-Ministre des affaires trang res de la F d ration de Russie, qui a tout d abord lou le caract re quilibr de la r solution th matique adopt e. E voquant la situation en Syrie, il a d nonc les effets destructeurs des sanctions unilat rales sans pr c dent impos es par les E tats-Unis et l Union europ enne, qui ont aggrav selon lui la situation humanitaire dans ce pays. Ces sanctions s intensifient, alors m me que le Secr taire g n ral a plaid en faveur d un assouplissement dans ce contexte de pand mie, a regrett le Vice-Ministre. Dans le m me temps, les restrictions n ont pas emp ch les Am ricains, qui occupent les champs de p trole de la rive orientale de l Euphrate , d encourager la contrebande, a accus le Vice-Ministre, en notant que les sanctions occidentales ne frappent pas les zones contr l es par les organisations terroristes. Le r gime d Assad, avec l aide de la Russie, a d plac plus de la moiti de la population par sa campagne d atrocit s d truisant coles, h pitaux, march s et lieux de culte , ont r torqu les E tats-Unis. La d l gation am ricaine a qualifi le r gime syrien de d prav , citant, le 31 mars, la destruction d un h pital par l arm e. Enfin, le Ministre des affaires trang res du Viet Nam a appel le Conseil uvrer une coordination plus troite entre les E tats Membres, les organisations internationales, les partenaires humanitaires et de d veloppement dans la consolidation de la paix apr s le conflit, en vue de contribuer la reconstruction des infrastructures de base et au retour des services essentiels pour les civils. La n cessit d une meilleure coop ration entre l ONU et les organisations internationales, y compris au moyen d une assistance technique, est galement soulign e dans la r solution. Texte du projet de r solution (S/2021/402) Le Conseil de s curit , R affirmant qu il tient de la Charte des Nations Unies la responsabilit principale du maintien de la paix et de la s curit internationales et qu il se doit donc de promouvoir et d assurer le respect du droit international humanitaire, Rappelant toutes ses r solutions pertinentes, notamment les r solutions 1265 (1999), 1894 (2009), 1998 (2011), 2175 (2014), 2286 (2016), 2417 (2018), et les d clarations de sa pr sidence en date des 12 f vrier 1999 (S/PRST/1999/6), 12 f vrier 2013 (S/PRST/2013/2), 9 ao t 2017 (S/PRST/2017/14), 20 ao t 2019 (S/PRST/2019/8) et 29 avril 2020 (S/PRST/2020/6), R affirmant le respect sans r serve de la souverainet , de l int grit territoriale et de l ind pendance politique de tous les E tats conform ment la Charte des Nations Unies, D clarant de nouveau que c est aux E tats qu il incombe au premier chef de prot ger leur population sur l ensemble de leur territoire, Gravement pr occup par le niveau des violences perp tr es contre les civils dans des situations de conflit arm , notamment les attaques sans discrimination et l tablissement de positions militaires dans des zones dens ment peupl es, et par les effets d vastateurs que cela a sur les civils, Soulignant avec une profonde inqui tude que les conflits arm s en cours ont des effets d vastateurs sur les civils et les biens de caract re civil, notamment les civils exer ant des fonctions li es l exploitation, l entretien ou la r paration d infrastructures civiles cruciales la prestation de services essentiels la population civile et leurs biens qui ont donc un caract re civil, et sur les biens indispensables la survie de la population civile, exacerbent les fragilit s et vuln rabilit s socio conomiques existantes, sollicitent l exc s des ressources limit es, ce qui se traduit par un acc s r duit des services essentiels tels que les soins de sant , l eau, l assainissement, l nergie, entra nant des cons quences d vastatrices pour la population civile et compromettant l efficacit de l action humanitaire, Conscient que certains services essentiels sont interd pendants et que les biens indispensables la survie de la population civile sont vuln rables et risquent d tre endommag s dans des situations de conflit arm , R it rant l appel lanc toutes les parties un conflit arm pour qu elles s acquittent des obligations que leur impose le droit international humanitaire pour ce qui est de respecter et de prot ger les civils et de prendre toutes les pr cautions possibles pour pargner les biens de caract re civil, notamment les biens cruciaux la prestation de services essentiels la population civile, de s abstenir d attaquer, de d truire, d enlever ou de mettre hors d usage des biens indispensables la survie de la population civile, et de respecter et de prot ger le personnel humanitaire ainsi que les articles destin s aux op rations de secours humanitaire Se d clarant en outre pr occup par l utilisation abusive qui est faite de biens indispensables la survie de la population civile, en violation du droit international applicable, ce qui peut mettre en danger les civils et compromettre leur capacit d acc der des services essentiels dans des situations de conflit arm , Se d clarant de nouveau profond ment pr occup par l utilisation d coles des fins militaires, en violation du droit international applicable, et consid rant qu une telle utilisation peut en faire des objectifs l gitimes d attaque, mettant ainsi en danger la s curit des enfants et des enseignants et emp chant les enfants d avoir acc s l ducation, Notant avec pr occupation les menaces qui p sent sur les infrastructures civiles, y compris sur celles qui contribuent des services essentiels la population civile, du fait de l utilisation de moyens ou m thodes de guerre, quels qu ils soient, en violation du droit international humanitaire, et l impact humanitaire d vastateur que cette utilisation pourrait avoir dans des situations de conflit arm , Notant que les conflits arm s, les violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l homme, et la destruction de biens indispensables la survie de la population civile ou d autres dommages caus s ces biens peuvent r duire l acc s des civils des services essentiels dans des situations de conflit arm ou les en priver, et peuvent tre des facteurs de d placements forc s ou aggraver les d placements forc s, favoriser la propagation des maladies infectieuses dans ces contextes et compromettre l efficacit des mesures de sant publique prises pour y faire face, R affirmant son intention de s efforcer de pr venir et faire cesser par tous les moyens les conflits arm s, y compris en s attaquant leurs causes profondes d une mani re inclusive, int gr e et durable, R affirmant qu il faut redoubler d efforts pour r soudre les conflits arm s et instaurer une paix durable, et convaincu que la protection des civils en p riode de conflit arm et des biens indispensables la survie de la population civile devrait tre un volet important cet gard, R it rant sa profonde inqui tude face au nombre croissant de civils qui, aux prises avec des conflits arm s en cours et la violence qui y est li e, sont confront s la menace de l ins curit alimentaire engendr e par les conflits et le risque de famine, Notant que la situation humanitaire dans de nombreux conflits arm s peut galement tre aggrav e par des crises conomiques, des ph nom nes m t orologiques de plus en plus fr quents et graves et des catastrophes naturelles, et qu elle s est d t rior e en raison des effets de la pand mie de COVID-19 et, cet gard, r affirmant qu il faut combattre la pand mie et s en relever durablement, Rappelant les obligations qui incombent toutes les parties des conflits arm s en vertu du droit international, notamment du droit international des droits de l homme, le cas ch ant, et du droit international humanitaire, en particulier l interdiction des attaques dirig es contre des civils et des biens de caract re civil, le personnel m dical et des agents humanitaires dont l activit est d ordre exclusivement m dical, leurs moyens de transport et leur mat riel, les h pitaux et d autres installations m dicales, Soulignant les obligations qui incombent toutes les parties des conflits arm s en vertu du droit international humanitaire pour ce qui est de prot ger les civils et les biens de caract re civil, de r pondre aux besoins l mentaires de la population civile qui se trouve sur leur territoire ou qui est sous leur contr le, et de permettre et de faciliter l acheminement rapide et sans entrave de secours humanitaires impartiaux tous ceux qui en ont besoin, Mettant l accent sur les effets particuliers que les conflits arm s ont sur les femmes et les enfants, notamment r fugi s et personnes d plac es l int rieur de leur propre pays, ainsi que sur les autres civils qui peuvent pr senter des vuln rabilit s particuli res, tels que les personnes en situation de handicap et les personnes g es, notamment en raison d un risque accru de violence et faute d acc s des services essentiels, et soulignant que toutes les populations civiles ont besoin de protection et d assistance, Rappelant sa pratique qui consiste faire en sorte que les mandats des missions de maintien de la paix des Nations Unies et d autres missions comp tentes comportent, le cas ch ant et au cas par cas, des dispositions concernant la protection des civils, Soulignant la n cessit de lutter contre l impunit et l importance de faire respecter le principe de responsabilit s agissant des violations graves du droit international, notamment du droit international humanitaire et du droit international des droits de l homme, Conscient qu il faut r tablir aussi rapidement que possible et de mani re inclusive et quitable la prestation de services essentiels, tout en reconstruisant en mieux, en fournissant des services essentiels plus r silients la population civile et en contribuant faire progresser l approche globale en mati re de p rennisation de la paix dans les pays qui sont dans des situations de conflit arm et d apr s conflit, et, cet gard, se f licitant de la coop ration internationale et r gionale y relative, 1. Condamne fermement les attaques, dans les situations de conflits arm s, qui sont dirig es contre des civils en tant que tels et contre d autres personnes ou biens civils prot g s, ainsi que les attaques sans discrimination ou disproportionn es, qui ont pour cons quence de priver la population civile des biens indispensables sa survie, constituant des violations flagrantes du droit international humanitaire, d plore les cons quences humanitaires long terme que ces attaques ont pour la population civile et exige de toutes les parties un conflit arm qu elles mettent fin imm diatement de telles pra 2. Exige de toutes les parties des conflits arm s qu elles respectent pleinement les obligations que leur impose le droit international humanitaire, s agissant notamment de faire la distinction entre, d une part, les populations civiles, les biens civils ainsi que toutes les autres personnes et tous les autres biens b n ficiant d une protection et, d autre part, les combattants et les objectifs militaires, d interdire les attaques sans discrimination et disproportionn es, de prendre toutes les pr cautions possibles dans la planification, la d cision et la conduite d attaques pour viter ou, en tout tat de cause, r duire au minimum les dommages inflig s aux civils et aux biens de caract re civil, et de prendre toutes les pr cautions possibles pour prot ger la population civile et les biens de caract re civil sous leur contr le contre les effets des at 3. Exige galement de toutes les parties des conflits arm s qu elles respectent pleinement les obligations que leur impose le droit international humanitaire, savoir bien veiller pargner la population civile, les personnes civiles et les biens de caract re civil, s abstenir d attaquer, de d truire, d enlever ou de mettre hors d usage des biens indispensables la survie de la population civile, et respecter et prot ger le personnel humanitaire et les articles destin s aux op rations de secours human 4. Condamne fermement l utilisation de la famine comme m thode de guerre dans un certain nombre de situations de conflit arm , laquelle est prohib e par le droit international et pourrait constituer un crime de 5. Condamne fermement galement les refus illicites d acc s humanitaire et le fait de priver les civils des biens indispensables leur survie dans des situations de conflit arm , ainsi que l utilisation abusive de biens indispensables la survie de la population civile en violation du droit international par toutes les parties un conflit arm ; 6. Demande instamment toutes les parties un conflit arm de prot ger les infrastructures civiles qui sont cruciales l acheminement de l aide humanitaire, notamment en vue de la prestation de services essentiels concernant les vaccinations et les soins m dicaux connexes et d autres services essentiels la population civile en p riode de conflit arm et d assurer le bon fonctionnement des syst mes et des march s alimentaires dans des situations de conflit arm ; 7. Exige de nouveau de toutes les parties un conflit arm qu elles prennent part imm diatement une pause humanitaire durable afin de faciliter l acheminement s r, sans entrave et durable de l aide humanitaire, la fourniture des services y aff rents par des intervenants humanitaires impartiaux, dans le respect des principes humanitaires d humanit , de neutralit , d impartialit et d ind pendance, et les vacuations m dicales, conform ment au droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit des r fugi s selon qu il convient, ainsi que l acheminement et la distribution quitables, s rs et sans entrave des vaccins contre la COVID-19 dans les zones de conflit arm ; 8. R affirme le r le important que le renforcement des capacit s en mati re de droit international humanitaire peut jouer pour soutenir les efforts visant prot ger les biens indispensables la survie de la population civile et se f licite des efforts d ploy s par toutes les parties pour prendre ou continuer de prendre des mesures cet 9. Encourage tous les efforts visant prot ger les biens indispensables la survie de la population civile et les infrastructures civiles qui sont cruciales pour permettre la prestation, sur demande, de services essentiels en p riode de conflit arm visant r pondre aux besoins fondamentaux de la population civile, notamment en: a) assurant la protection des civils qui exercent des fonctions li es l exploitation, l entretien ou la r paration de ces biens, ainsi que des d placements qu ils font aux fins de l entretien, de la r paration ou de l exploitation de ces biens, b) permettant et facilitant le passage en toute s curit du mat riel, des transports et des fournitures n cessaires la r paration, l entretien ou l exploitation de ces 10. Souligne qu il faut une meilleure coop ration et coordination au niveau international, notamment entre l Organisation des Nations Unies et les organisations internationales, r gionales et sous-r gionales comp tentes, y compris au moyen d une assistance technique et d un renforcement des capacit s, en vue d aider ceux qui sont touch s par des conflits arm s r duire les besoins humanitaires, mieux pr parer le rel vement long terme, prot ger les moyens de subsistance, am liorer l acc s aux services essentiels, renforcer la r silience des populations touch es par les conflits et se relever de la pand mie, tout en assurant une participation pleine, gale et significative des femmes aux efforts qui sont faits pour promouvoir et maintenir la paix et la s curit , en favorisant l inclusion des jeunes et en contribuant la r alisation du Programme de d veloppement durable l horizon 11. Encourage le renforcement, selon qu il convient, du savoir-faire technique dans les quipes de pays des Nations Unies afin qu elles puissent, le cas ch ant, dans le cadre de leurs mandats respectifs et en fonction de leurs capacit s, r agir efficacement pour appuyer la prestation de services esse 12. Prie le Secr taire g n ral de faire figurer, titre de question subsidiaire, dans les rapports sur la protection des civils la question de la protection des biens indispensables la survie de la population civile. M. MARK LOWCOCK, Secr taire g n ral adjoint aux affaires humanitaires, a not les progr s enregistr s au cours des 30 derni res ann es s agissant de la protection des civils et des l ments et installations indispensables leur survie, tels que les aliments, les m dicaments, les h pitaux ou bien encore les infrastructures hydrauliques. Cela n est pas suffisant , a-t-il cependant not . Nous avons assist au cours des deux derni res d cennies l mergence de groupes terroristes transnationaux qui rejettent enti rement les lois de la guerre, a-t-il dit. Ces groupes, au nom de leur id ologie nihiliste, commettent des violences innommables contre les civils et les consid rent, ainsi que les travailleurs humanitaires, comme des cibles l gitimes. Le Secr taire g n ral adjoint a indiqu que de grandes puissances militaires r orientent leurs efforts militaires en vue de dissuader et de vaincre des E tats ennemis. Lorsque des E tats et des groupes arm s violent ou sapent le droit international humanitaire, d autres E tats et acteurs non- tatiques consid rent cela comme un blanc-seing pour en faire de m me. Il a d taill les cons quences des conflits sur la s curit alimentaire. Les attaques peuvent d placer les populations et briser les cha nes d approvisionnement alimentaires. M. Lowcock a rappel l attaque commise il y a un an au Nig ria dans une installation rizicole, au cours de laquelle plus de 110 agriculteurs avaient t tu s. Qualifiant d inacceptable toute attaque sur les cha nes d approvisionnement alimentaires, il a soulign le risque de famine qui existe en raison des conflits au Y men, au Soudan du Sud ou encore dans le nord-est du Nig ria. M. Lowcock a ensuite insist sur les cons quences des conflits sur l eau, en rappelant que Boko Haram a empoisonn des sources d eaux et des puits. En 2016, Daech a d lib r ment priv d eau la province d Alep en Syrie, touchant pr s de deux millions de personnes. Les interruptions dans la fourniture d eau potable peuvent entra ner des crises sanitaires et l apparition de maladies comme le chol ra. Ces interruptions d lib r es sont souvent utilis es comme une tactique de guerre, comme au Soudan du Sud o des soldats du SPLA ont d rob des pompes eaux des civils de Mboro. Se tournant vers les soins de sant , le haut fonctionnaire a d nonc les attaques syst matiques perp tr es contre les centres m dicaux en Syrie, 250 attaques de ce type s tant produites entre 2018 et 2020. Pr s de 1 000 travailleurs humanitaires ont t tu s au cours de la derni re d cennie. Ces attaques ont d vast le syst me m dical syrien. Il a galement d nonc des attaques similaires au Mali ou bien encore au Burkina Faso, lesquelles ont entrav la r ponse la pand mie, comme en Libye. En juin dernier, la moiti des h pitaux syriens fonctionnaient leur pleine capacit , et pr s de 70% du personnel de sant avaient quitt le pays. M. Lowcock a ensuite d nonc l emploi de la violence sexuelle au service d objectifs militaires et politiques et la destruction d lib r e des infrastructures d aide aux survivants. Il a cit l exemple du Myanmar et les centaines de milliers de Rohingya qui ont d fuir le pays pour chapper une telle violence. Des femmes rencontr es Cox s Bazar lui ont racont les viols syst matiques commis par des hommes en uniforme devant des familles et des enfants. Dans la r gion du Tigr , en E thiopie, les viols sur une base ethnique sont syst matiquement planifi s pour terroriser, humilier et brutaliser la population. Ce qui importe, ce n est pas seulement ce qui est vis , mais le lieu et la mani re. M. Lowcock a ensuite d nonc les cyberattaques visant des infrastructures essentielles, tels que les r seaux lectriques ou les centres m dicaux. Le Secr taire g n ral adjoint a identifi trois moyens de renforcer la protection des civils et les objets indispensables leur survie, le premier tant de renforcer le respect du droit international humanitaire : Cela peut tre fait en am liorant l identification de ces objets et en actualisant la liste des l ments ne pas prendre pour cible. Il a soulign la n cessit de faire en sorte que les dialogues politiques, les sanctions et les transferts d armes visent au respect du droit et la protection de ces objets. Le second moyen, a poursuivi M. Lowcock, est d viter l emploi d armes explosives dans des zones peupl es. Il a mentionn le registre publi en 2017 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des pratiques optimales visant r duire les cons quences humanitaires de telles armes. Le troisi me moyen est d assurer un tablissement des responsabilit s. Si des crimes de guerre restent impunis, cela ne peut qu inciter en commettre d autres, a mis en garde M. Lowcock. Il a estim que l tablissement des responsabilit s, en particulier pour les responsables de violations d lib r es, est le plus grand d fi qui existe dans le domaine de la protection des civils. En conclusion, le Secr taire g n ral adjoint a point la robustesse du droit de la guerre. Ce dont nous avons besoin maintenant c est de la volont politique de la part des E tats Membres et de toutes les parties un conflit pour que soient respect es les r gles. M. PETER MAURER, Pr sident du Comit international de la Croix Rouge (CICR), a commenc son expos par cette sinistre statistique: dans les conflits prolong s, les enfants g s de moins de cinq ans risquent 20 fois plus de mourir de maladies li es l eau insalubre et l assainissement que de la violence . Le CICR, a-t-il expliqu , travaille sur le terrain lorsque les solutions politiques font d faut, se substituant depuis des d cennies aux autorit s locales pour le transport de l eau par camion, ou pour fournir du mat riel m dical aux cliniques install es dans des sous-sols isol s, car cela ne se discute pas . M. Maurer a rappel que le droit international humanitaire pr voit des garanties cruciales pour assurer la continuit des services essentiels durant les conflits arm s, mais que de s rieuses questions se posaient quant la mani re dont les parties au conflit interpr taient et appliquaient concr tement ces obligations, notamment en milieu urbain. Ces r gles, a-t-il rappel , comprennent l obligation de s abstenir d attaquer, de d truire, d enlever ou de rendre autrement inutilisables les objets indispensables la survie de la population civile, et plus g n ralement, l obligation de prendre constamment soin d pargner la population civile et d assurer la protection de l environnement naturel. Partant, le CICR a urgemment r clam l application de plusieurs mesures, qu il a num r es. En premier lieu, que toutes les parties un conflit arm , et ceux qui les soutiennent, uvrent pour un meilleur respect du droit international humanitaire. Cela inclut la protection des civils et des biens de caract re civil, y compris les infrastructures critiques qui permettent la fourniture de services essentiels. Le Comit a ensuite appel l adoption d une politique d vitement concernant l utilisation d armes explosives lourdes dans les zones peupl es: ces armes ne devraient pas tre utilis es contre des cibles situ es dans des zones forte densit de population, moins que des mesures d att nuation suffisantes soient prises pour r duire les risques pour les civils. M. Maurer a en outre demand aux E tats de veiller ce que les r gimes de sanctions et les mesures antiterroristes soient conformes au droit international humanitaire, en particulier aux r gles r gissant les activit s humanitaires. Le CICR a aussi instamment exig que les soins de sant et les services interconnect s tels que l eau, l assainissement, l lectricit , soient prot g s afin de se pr munir contre les risques pour la sant publique: Nous voyons fr quemment des maladies infectieuses, comme le chol ra, traverser des communaut s o les infrastructures d eau et d assainissement ont t d truites la suite de combats . M. Maurer a enfin demand aux E tats d adopter des mesures pour mieux comprendre les effets des conflits sur l environnement naturel , et minimiser l impact des op rations militaires sur l environnement et les civils qui en d pendent. M. KEVIN RUDD, Pr sident du Conseil d administration de l International Peace Institute (IPI) a d entr e rappel que prendre pour cible des biens indispensables la survie de la population civile est interdit par le droit international et constitue une insulte la Charte des Nations Unies. Malheureusement, a-t-il d plor , les attaques d lib r es ou involontaires contre les infrastructures humaines vitales et l environnement naturel restent une r alit quotidienne. Pourtant, a poursuivi M. Rudd, ce Conseil a rappel plusieurs reprises l obligation de prot ger les infrastructures civiles essentielles, y compris tout r cemment avec l adoption de la r solution 2565 (2021) sur l acc s aux vaccins contre la COVID-19. Pour M. Rudd, il est important que le Conseil de s curit reste saisi de cette question. Il a cit , cet gard, les attaques r p t es contre des infrastructures d approvisionnement en eau au Y men et dans le centre du Sahel, le vol de b tail et la destruction de projets d assainissement au Soudan et au Soudan du Sud. La coupure de l approvisionnement en eau en Somalie, la d tonation de pyl nes lectriques en Afghanistan et bien d autres actes d lib r s en Irak, au Mozambique, dans le nord du Nig ria et au Niger, sans compter les cyberattaques visant des h pitaux. Cependant, les attaques contre les infrastructures civiles indispensables ne se limitent pas un seul contexte ou un seul auteur. Elles surviennent dans le cadre de conflits internationaux et nationaux, dans des contextes urbains et ruraux, et se produisent aussi bien intentionnellement qu involontairement, a fait observer le Pr sident. C est, ses yeux, un probl me qui concerne toutes les parties un conflit arm , et nous avons tous la responsabilit de prot ger les objets indispensables la survie des populations civiles. Depuis le d but de l ann e, l Organisation mondiale de la Sant (OMS) a enregistr plus de 160 attaques contre les syst mes de sant , soit plus d une attaque par jour. Au Y men, plus de 40 attaques ont t enregistr es entre 2018 et 2020, restreignant potentiellement l approvisionnement en eau de quelque 185 000 foyers. Ces destructions provoquent des p nuries, augmentent les prix, exposent la population, en particulier les enfants, des maladies vitables et un risque de malnutrition et les obligent quitter l cole sans compter les d placements massifs. Des effets aggrav s par les changements climatiques et la d gradation de l environnement, ainsi que par les urgences de sant publique notamment la pand mie actuelle de COVID-19. Les crises humanitaires se transforment en crises de d veloppement, avec un besoin urgent de reconstruction et de r habilitation des infrastructures. Mais dans des pays comme l Afghanistan ou la Syrie, la violence arm e prolong e limite les possibilit s de reconstruction. Sur le long terme, les attaques contre les infrastructures vitales rendent les objectifs de d veloppement durable hors de port e pour des millions de personnes. Poursuivant, M. Rudd a pr conis quatre domaines en particulier o les Nations Unies peuvent agir. Le premier est la pr vention: le Secr taire g n ral doit user de ses bons offices pour engager le dialogue avec toutes les parties un conflit arm , y compris les groupes arm s non tatiques, afin d appeler la retenue et de promouvoir le respect des lois de la guerre. Deuxi mement, les Nations Unies elles-m mes devraient veiller prot ger les infrastructures civiles, en commen ant par se conformer de mani re proactive la politique de diligence raisonnable en mati re de droits de l homme et en veillant ce que les op rations de paix des Nations Unies fassent preuve d un respect irr prochable des droits de la personne. Troisi mement, a poursuivi le Pr sident, le Secr tariat la demande du Conseil de s curit pourrait envisager de surveiller syst matiquement les attaques contre tous les types d infrastructures essentielles. Pour cela, il pourrait envisager de favoriser les synergies et d tendre le champ d application des m canismes existants, notamment ceux qui permettent de surveiller les attaques contre les installations m dicales, les travailleurs humanitaires et les coles. Il a regrett que trop souvent, les parties au conflit n ouvrent aucune enqu te. Nous ne pouvons pas continuer fermer les yeux . Enfin, a conclu M. Rudd, l ONU doit continuer travailler avec ses partenaires internationaux, r gionaux et nationaux pour coordonner une approche holistique de la r habilitation et de la reconstruction. Cependant, a-t-il pr venu, l Organisation ne peut promouvoir avec succ s la protection des biens indispensables la survie de la population civile ni soutenir la reconstruction sans la volont politique et les efforts de ses E tats membres. M. BUI THANK SON, Ministre des affaires trang res du Viet Nam, a insist pour que le Conseil de s curit labore une strat gie globale et holistique visant prot ger efficacement les infrastructures et les biens essentiels la survie des civils en p riode de conflits arm s. Premi rement, a continu le Ministre, toutes les parties aux conflits, en particulier les E tats Membres, doivent adh rer aux principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et du droit international et se conformer au droit international humanitaire, notamment aux principes de distinction, de proportionnalit et de pr caution. Elles doivent en outre tenir pleinement compte des impacts long terme des d g ts inflig s aux infrastructures pour la population et l environnement. Deuxi mement, a sugg r M. Son, le Conseil doit examiner toutes les infrastructures civiles dans leurs interconnexions les unes avec les autres et veiller ce que les mesures mettre en place prot gent les syst mes, et non les biens individuellement. Il est tout aussi important de prot ger les travailleurs essentiels l utilisation de ces syst mes et de veiller ce que le mat riel et l quipement n cessaires l entretien et la r paration puissent atteindre leurs destinations. Troisi mement, le Conseil devrait encourager et faciliter une coordination plus troite entre les E tats Membres, les organisations internationales, les partenaires humanitaires et de d veloppement dans la consolidation de la paix apr s le conflit, en particulier pour aider la reconstruction des infrastructures de base et au retour des services essentiels pour les civils, a ajout le Ministre. M. SIMON COVENEY, Ministre des affaires trang res de l Irlande a soulign la n cessit de soutenir les syst mes alimentaires et de garantir la s curit alimentaire. La r solution 2417 (2018) est claire quant notre responsabilit de prot ger les biens civils qui sont un rempart contre la famine. La convergence de la crise climatique, de la d gradation de l environnement et des conflits arm s est susceptible d avoir des cons quences humanitaires profondes et long terme, a pr venu la d l gation. Elle a ajout que les effets n fastes des conflits sur la sant sont exacerb s par la pratique obsc ne d attaquer les installations m dicales et le personnel. L Irlande est galement de plus en plus pr occup e par les cyberattaques qui perturbent le fonctionnement des infrastructures et des services essentiels aux civils, y compris les tablissements de sant et m dicaux. Pour l Irlande, la destruction et l occupation d coles par les forces arm es repr sentent une attaque contre les enfants et contre notre avenir collectif comme ceux en Syrie et au Y men. Il faut donc pour le Ministre redoubler d efforts pour emp cher la destruction d coles et d h pitaux en situation de conflit. S agissant de l utilisation d armes explosives dans les zones peupl es, l Irlande m ne des n gociations Gen ve en vue d adopter une d claration politique visant faire face aux cons quences humanitaires d coulant de l utilisation de telles armes dans ce type d environnement. Le Chef de la diplomatie irlandaise a termin son allocution en rappelant la n cessit de prot ger les biens culturels en p riode de conflit arm , leur pr servation contribuant la reconstruction des communaut s d truites et faciliter le chemin vers la paix. Mais le d fi le plus urgent demeure d assurer la responsabilit des violations graves du droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit des droits de l homme, a-t-il soulign en conclusion. Mme EVA-MARIA LIJMETS, Ministre des affaires trang res de l Estonie, a rappel que la protection des civils incombe en premier lieu aux E tats, ce qui inclut la protection des objets indispensables leur survie. Elle a d plor que le cadre juridique de protection des civils ne soit toujours pas respect , les plus vuln rables, comme les femmes et les enfants, en payant le prix fort. Elle a rappel que l Ukraine compte 1,5 million de personnes d plac es, le Soudan 2 millions et la Syrie 6,2 millions. En Afghanistan, pr s de la moiti des enfants g s de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aig e. En mars de cette ann e, 17 millions de personnes taient confront es au niveau le plus lev d ins curit alimentaire. Nous n en faisons pas assez. Elle a aussi d nonc avec force les cyberattaques visant les infrastructures civiles, telles que les r seaux lectriques ou bien encore les centres m dicaux. La Ministre a identifi deux domaines d action. Premi rement, les E tats doivent renforcer leur capacit de protection des victimes civiles de guerre afin de la rendre plus efficace, a poursuivi Mme Lijmets. Les personnels nationaux et onusiens doivent recevoir une formation en droit international humanitaire. Deuxi mement, nous devons nous assurer que personne n est au-dessus de la loi. Elle a point la responsabilit des E tats d exercer leur comp tence p nale pour les responsables de crimes de guerre et de se doter de l gislations pertinentes. Lorsqu ils chouent le faire, alors la communaut internationale et ce Conseil doivent intervenir, a estim la Ministre. Enfin, elle a exhort le Conseil s acquitter de son mandat et faire cesser les atrocit s, d non ant toute inaction en la mati re. J exhorte le Conseil d ferrer des situations devant la CPI chaque fois que n cessaire. Mme LINDA THOMAS-GREENFIELD ( E tats-Unis) a d plor que trop souvent, les acteurs arm s ciblent les infrastructures de base: ils doivent pour cela tre poursuivis et traduits en justice. Dans la r gion du Tigr , en E thiopie, les combats ont endommag des syst mes de communication civile et le r seau lectrique, et donn lieu des pillage d h pitaux. La population a d fuir, se retrouvant confront e des violences sexuelles et sexistes inadmissibles , s est indign e la d l gation, appelant la cessation imm diate des hostilit s dans cette r gion. Au cours d un conflit, les coles peuvent servir de refuges pour les communaut s et devenir des sites de distribution de quand ces b timents essentiels sont eux-m mes d lib r ment vis s, les cons quences sont d vastatrices pour les populations civiles, a observ la mission am ricaine, comme c est le cas en Syrie, o le r gime d Assad, avec l aide de la Russie, a d plac plus de la moiti de la population par sa campagne d atrocit s d truisant coles, h pitaux, march s et lieux de culte . La d l gation a qualifi le r gime syrien de d prav , citant, le 31 mars, la destruction d un h pital par l arm e. Quand les routes et les h pitaux sont d truits et les infrastructures sanitaires prises pour cibles, l aide aux n cessiteux s en trouve entrav e, comme c est le cas au Y men actuellement, a-t-elle poursuivi. L Organisation mondiale de la sant (OMS) y a enregistr 142 attaques entre mars 2015 et mars 2020. Les travailleurs humanitaires, qui risquent leur vie pour en sauver d autres, sont emp ch s par les attaques d infrastructures de base, une situation qualifi e d horrible par la d l gation tasunienne. Les auteurs devront rendre des comptes , la charte des Nations Unies exigeant le respect du droit international, et donc des infrastructures vitales pour les populations, a-t-elle insist en conclusion. M. SERGEY VERSHININ, Vice-Ministre des affaires trang res de la F d ration de Russie, a d embl e tenu remercier la partie vietnamienne pour avoir pr par un projet quilibr de r solution th matique du Conseil de s curit . Le document dans son ensemble refl te les approches convenues par la communaut internationale sur le sujet discut aujourd hui. Poursuivant, le Vice-Ministre a souhait mettre l accent sur la situation en Syrie. En effet, a-t-il fait valoir, la situation actuelle dans ce pays illustre clairement la n cessit d aider d urgence les Syriens reconstruire grande chelle les infrastructures civiles critiques et de leur apporter une aide globale sans politisation ni conditions pr alables. Malgr l instauration d une stabilit relative sur le terrain , la situation humanitaire dans ce pays s est dangereusement d t rior e dans un contexte de conflit prolong , de crise conomique, de la pand mie de coronavirus et de l instauration de sanctions unilat rales sans pr c dent contre les Syriens par les E tats-Unis et l Union europ enne. En cons quence, a-t-il poursuivi, citant les agences humanitaires internationales travaillant en Syrie, en 2011, la production d lectricit a chut de 70%, la production d eau potable de 30 40%, et environ 50% des installations d irrigation ont t endommag es. Il est vident que la d faillance des infrastructures essentielles l approvisionnement en eau et en nergie aura des cons quences d sastreuses pour des millions de Syriens. Par ailleurs, il est indispensable de parler des effets destructifs des sanctions unilat rales ill gales, qui ont non seulement expos les Syriens ordinaires un d sastre humanitaire, mais ont n gativement eu un impact n gatif sur les agences sp cialis es en compliquant l arriv e en Syrie de m dicaments et en freinant les transactions financi res et les contrats commerciaux, au plus fort de la pand mie. L une des cons quences, c est que la Syrie, qui avant la guerre produisait la plupart de ses m dicaments sur son territoire et les exportait vers 23 pays dans le monde, est d sormais presque enti rement d pendante de l aide m dicale ext rieure. Les sanctions l encontre de la Syrie s intensifient, alors m me, a rappel M. Vershinin que le Secr taire g n ral de l ONU a plaid en faveur d un assouplissement des restrictions dans un contexte de pand mie de coronavirus. En cons quence, selon l Organisation, 90% de la population syrienne vit d sormais sous le seuil de pauvret et 70% n a pas acc s la nourriture. Dans le m me temps, les restrictions n ont pas emp ch les Am ricains, qui occupent les champs de p trole de la rive orientale de l Euphrate , d encourager la contrebande. Les sanctions occidentales ne frappent pas les zones contr l es par les organisations terroristes. Bien au contraire, les pays occidentaux veulent augmenter l approvisionnement humanitaire dans ces zones, qui chappent au contr le de Damas, et sans la coordination avec le Gouvernement de la R publique arabe syrienne. Cela sape, ses yeux, la souverainet et l int grit territoriales du pays, mais contrevient aussi aux principes directeurs de l aide humanitaire. Pour finir, le Vice-Ministre a lanc un appel aux responsables de la communaut internationale pour qu ils se joignent aux efforts de la Russie en faveur du d minage et de la reconstruction des installations m dicales, des coles ainsi que des infrastructures. Il est important d emp cher un effondrement irr versible en Syrie, qui risque de se transformer en v ritable catastrophe r gionale et internationale, a pr venu M. Vershinin. M. JENS FR O LICH HOLTE, Vice-Ministre des affaires trang res de la Norv ge, a jug essentielle la protection des coles et des universit s, ajoutant que le droit l ducation doit tre garanti en temps de paix comme en temps de guerre. Il a donc encourag tous les E tats qui ne l ont pas encore fait rejoindre la D claration sur la s curit dans les coles, endoss e par 107 E tats, et la mettre en uvre. Il a affirm que la protection du syst me de sant est plus cruciale que jamais en ces temps de pand mie, appelant la pleine application des r solutions 2286 (2016) et 2565 (2021). M. Holte a r clam une am lioration de la protection des civils de toute cons quence humanitaire d coulant de l emploi d armes explosives dans des zones peupl es. Nous appuyons l Irlande, chef de file des n gociations, et nous esp rons une d claration forte sur ce sujet. Cette d claration devrait notamment encourager les parties un conflit minimiser le recours de telles armes, a pr cis le Vice-Ministre. Il a ensuite rappel que la destruction des infrastructures conduit une d gradation de l environnement, comme par exemple au Y men, en Syrie ou bien encore dans la r gion du Tigr . M. Holte a indiqu que l affamement d lib r des civils comme tactique de guerre constitue un crime de guerre, exhortant les parties au Statut de Rome ratifier le r cent amendement relatif au crime de guerre d affamement lors d un conflit arm non-international. Toutes les parties un conflit doivent s acquitter de leurs obligations en vertu du droit international afin de v ritablement prot ger les civils, a d clar M. Holte. L impunit pour les violations commises doit cesser. Enfin, il a rappel l importance de la protection des civils et des infrastructures civiles pour jeter les bases d une paix durable. Pour Mme KEISAL M. PETERS, Ministre des affaires trang res de Saint-Vincent-et-les Grenadines, les objectifs militaires ne devraient jamais prendre le pas sur la protection des civils et des infrastructures civiles. Elle s est alarm e que des sanctions et des mesures antiterroristes mal con ues continuent d entraver le d veloppement et l acc s humanitaire dans de nombreuses r gions, infligeant des souffrances indicibles la population locale dans le but d atteindre des objectifs politiques troits. Or, si les op rations antiterroristes sont parfois n cessaires pour prot ger les populations et pr server la souverainet d un pays, les mesures antiterroristes doivent respecter les principes du droit international humanitaire, a rappel le Chef de la diplomatie saint-vincentaise. L impact socio conomique des conflits arm s associ aux changements climatiques touche cruellement les civils, a poursuivi la Ministre. Au Y men, le syst me de sant est paralys , ne laissant que la moiti des installations op rationnelles, le pays tant mal quip pour combattre la pand mie de COVID-19. De m me en Syrie, o 10 ans de guerre ont rendu plus de 13 millions de Syriens d pendants de formes multidimensionnelles d assistance humanitaire, et en Somalie, o des infrastructures d eau et d assainissement ont t r duites n ant, augmentant le risque de maladies vitables comme le chol ra. Mme Peters a, en conclusion, exhort toutes les parties sauvegarder les stations d eau, les installations de soins de sant et les autres infrastructures essentielles. Le (Kenya) a condamn la m thode de guerre consistant prendre d lib r ment pour cibles des biens indispensables la survie de la population civile. Car, au-del des souffrances imm diates qu elles provoquent, ces m thodes entra nent une d vastation long terme des conomies, des moyens de subsistance, de l ducation et des syst mes sociaux. Mais alors m me que nous exprimons juste titre ces pr occupations, nous ne devons pas perdre de vue les acteurs dangereux qui se retranchent dans de multiples pays et r gions, a-t-il averti, en r f rence l exploitation croissante de l espace humanitaire, et des biens civils qui y sont associ s, par les organisations terroristes Al-Qaida et E tat islamique. Pour la d l gation, davantage doit tre fait pour interdire le fait d utiliser les civils comme boucliers et sources de financement, de contr le politique et de recrutement. Aussi a-t-elle enjoint le Conseil de s curit int grer la protection des biens indispensables la survie de la population civile dans ses d cisions, y compris, mais sans s y limiter, appliquer des sanctions efficaces contre les individus et les groupes qui exploitent l espace humanitaire pour faire avancer leurs programmes terroristes. L organe charg du maintien de la paix et de la s curit internationales doit galement s assurer que les mandats de maintien de la paix soient adapt s l objectif de dissuader et de combattre une telle exploitation et enfin veiller ce que les missions disposent de solides capacit s en mati re de messages publics et de contre-r cits. Le Conseil de s curit devrait utiliser plus nergiquement le r le consultatif de la Commission de consolidation de la paix (CCP) dans les situations post-conflit, a sugg r le d l gu . Pour finir, il a soulign le soutien de son pays aux mesures que ce Conseil mettra en place, y compris l adoption d une r solution, pour dissuader la destruction des biens indispensables la survie de la population civile. La France a d plor que certaines parties au conflit aillent jusqu int grer sciemment les violations du droit international humanitaire dans leur strat gie militaire pour priver les populations de tout secours et obtenir leur reddition : C est inacceptable et il revient notre Conseil de le r affirmer tr s clairement et r guli rement. Le respect du droit international humanitaire n est pas une option, c est une obligation qui s impose tous, a poursuivi la mission. Notre responsabilit collective est de trouver les moyens op rationnels de faire respecter ce droit. La France a mentionn l Appel l action humanitaire, lanc par elle et l Allemagne en 2019, et endoss par 47 E tats membres et l Union europ enne, qui identifie des actions concr tes que les E tats peuvent entreprendre pour renforcer le respect du droit international humanitaire. La France a ensuite appel les pays qui ne l ont pas encore fait ratifier les Protocoles additionnels des Conventions de Gen ve. La France a finalis l an dernier son plan national de formation au droit international humanitaire, qui vise l ensemble des acteurs fran ais: les militaires, les diplomates et les hauts fonctionnaires, a d clar la mission. Ce plan pr voit galement des actions de formation en faveur de nos partenaires trangers: nous le faisons notamment au Sahel. La France a soulign la n cessit de renforcer les efforts en mati re de lutte contre l impunit . Les auteurs des violations du droit international humanitaire doivent tre poursuivis en justice. Elle a rappel que le recours la famine contre des civils comme m thode de guerre et les attaques ciblant les h pitaux et infrastructures m dicales sont des actes constitutifs de crimes de guerre. Nous devons renforcer les capacit s nationales pour mener des enqu tes impartiales et ind pendantes et, lorsque les m canismes nationaux sont insuffisants ou inadapt s, soutenir le recours aux m canismes internationaux. Enfin, la France a r it r son appel l universalisation du Statut de Rome de la Cour p nale internationale. La (Chine) a d embl e, apport son soutien au projet de r solution auquel il a particip activement dans le cadre de discussions et consultations avec les autres E tats Membres. Pour la Chine, la communaut internationale doit prendre des mesures efficaces pour prot ger les biens caract re civil indispensables la survie des populations. Dans les cas de conflits ou de guerres, il est tr s compliqu de garantir une s curit absolue pour les civils et les installations civiles. En vue de r soudre ce probl me, il a sugg r de prendre de la hauteur pour traiter des causes profondes des probl mes. La grande majorit des conflits arm s d coulent de la pauvret absolue et de la raret des ressources. C est pourquoi, le d veloppement pour la paix est, aux yeux de la Chine, la voie royale pour sortir de cette impasse. La d l gation a, en outre, insist pour op rer une distinction entre installations civiles et militaires. La guerre en cours contre les forces terroristes qui contr lent ou d truisent les infrastructures et les attaques en ligne sont source de pr occupation. La communaut internationale doit uvrer pour prot ger les civils et les installations civiles et assurer un acc s sans interruption aux services essentiels. Les E tats Membres peuvent galement apporter leur propre contribution. Partageant l exp rience de son pays, la d l gation a, cet gard, rappel l initiative des nouvelles routes de la soie. Dans le cadre de la r alisation des objectifs de d veloppement durables (ODD), la Chine a approfondi la coop ration avec les organisations nationales, r gionales et internationales afin d aider les pays en d veloppement renforcer leurs infrastructures, doper l emploi et am liorer les moyens de subsistances, notamment en Afrique. La d l gation a voqu le fonds de d veloppement qui a permis de lancer pr s de 34 projets au c t d organismes des Nations Unies et ce en faveur d une dizaine de pays. Depuis le d but de la pand mie, la Chine a fourni une assistance m dicale plusieurs nations d chir es par les conflits et d p ch des quipes m dicales sur place. Pour finir, elle a indiqu qu l avenir, son pays continuerait uvrer avec la communaut internationale pour aider les pays en proie des conflits renforcer leurs infrastructures de d veloppement et de protection des civils. La Tunisie, qui a d nonc l accent mis sur les solutions humanitaires court terme et limit es aux conflits, a dit qu il faut d abord r soudre les causes profondes des conflits et chercher des solutions proactives et durables aux crises par le biais de r glements politiques et pacifiques. Il est aussi n cessaire selon elle de r duire la perturbation des services de base dans les contextes de conflit en privil giant l int r t des groupes vuln rables, et l interd pendance troite entre une r ponse efficace d une part, le droit international humanitaire et le droit international des droits de l homme d autre part. Les parties au conflit arm doivent respecter les principes de prudence et de proportionnalit et s abstenir de prendre pour cible les civils, les infrastructures et les personnels charg s de la fourniture de services de base. La Tunisie a sugg r de profiter des p riodes de cessez-le-feu et de tr ves humanitaires pour r habiliter efficacement les services de base. Elle a estim qu il tait important de prendre des mesures pour viter la d t rioration des infrastructures avant et pendant le conflit. Dans ce contexte, a sugg r la d l gation, il est utile de renforcer la capacit des communaut s et des institutions touch es se relever des crises par la r habilitation des h pitaux, des coles, des routes, de l alimentation en eau, en nergie et en fournitures sanitaires, parall lement la fourniture de moyens de subsistance d cents et durables aux groupes touch s. Le Mexique a plaid pour le respect int gral du droit international humanitaire et la protection des objets indispensables la survie des civils. Les attaques contre de tels objets, bien qu illicites, se poursuivent. Il a apport son appui au projet de r solution sur le sujet port par le Viet Nam, qui contribue au renforcement du droit et permet de faire mieux conna tre cette th matique. La mission a insist sur l importance de l approvisionnement en eau et d nonc toute attaque visant l interrompre. Les femmes et les filles paient le prix fort des attaques contre les infrastructures essentielles, a poursuivi le Mexique. La mission a fustig les attaques contre les coles et indiqu avoir rejoint la D claration sur la s curit dans les coles. Nous devons mieux prot ger les civils, en faisant en sorte que le droit international soit scrupuleusement respect et que les auteurs de violations ne restent pas impunis, a conclu la d l gation. Le Niger a d plor les cons quences humanitaires des attaques sur les infrastructures et objets civils, qui se font ressentir non seulement court, mais aussi long terme. A court terme, ces actes contribuent complexifier la situation humanitaire des populations, prises au pi ge entre les bellig rants. En s attaquant une centrale lectrique, a-t-il illustr , on s attaque au syst me de distribution d eau courante, au fonctionnement des h pitaux et aux syst mes d assainissement d une communaut . Sur le long terme, le chemin pour la reconstruction d un pays dont les infrastructures civiles sont d truites par le conflit est long et n cessite d normes ressources. Ce faisant, le Niger a salu et soulign les efforts du G5 Sahel pour avoir d velopp et mis en uvre des politiques prot geant les civils et les infrastructures de fourniture des services essentiels. Le Niger a aussi voqu le fait que 6 des 10 plus grandes op rations de maintien de la paix se d roulaient dans les pays les plus expos s aux changements climatiques. A ce titre, l adoption de mesures visant am liorer notre compr hension de la corr lation entre conflits et impacts des changements climatiques s av re indispensable selon lui. Pour le Niger, tout espoir r el de mettre fin aux violations du droit international humanitaire en zone de conflit passera aussi par des actions concr tes pour faire taire les armes et mettre fin leur prolif ration. La d l gation a donc rappel aux E tats leur obligation de respecter le Trait sur le commerce des armes, invitant le Conseil se pencher sur le r le que joue certains acteurs dans leur circulation, notamment au Sahel . Pour l Inde, les gouvernements sont les premiers responsables de la protection des populations, y compris s agissant du maintien des services essentiels. Nous avons un ensemble de principes et de jurisprudence internationaux pour veiller ce que les civils et les infrastructures civiles ne soient pas pris pour cible pendant les conflits arm s, a rappel la d l gation. Or, la situation ne fait qu empirer pour les populations et les infrastructures civiles indispensables qui deviennent des cibles faciles pour des groupes terroristes et des acteurs non tatiques, en particulier ceux parrain s par les acteurs tatiques. Les pays riches en histoire et en patrimoine culturel comme la Syrie et l Afghanistan sont aujourd hui confront s de graves menaces de conflit arm qui ont d vast non seulement leurs populations, mais aussi les infrastructures civiles indispensables et les sites historiques, a regrett l Inde. Dans certaines situations de conflits, a rappel la d l gation, les Casques bleus sont press s de prot ger les biens publics. Pourtant, les Missions de paix de l ONU ne sont pas la panac e tous les probl mes. Cette tendance doit s arr ter, a clam l Inde, en rappelant la responsabilit des E tats cet gard. Dans le contexte post-conflit, la r habilitation et la reconstruction des infrastructures civiles et la restauration des services essentiels devraient tre prioritaires, car cela facilitera la reprise socio conomique et la consolidation de la paix. Pour ce qui la concerne, a indiqu l Inde, apr s la fin du conflit arm en 2009 au Sri Lanka, elle a aid le Gouvernement sri-lankais r tablir imm diatement certaines des infrastructures civiles de base parmi les plus essentielles. Elle a aussi vers plus de 3 milliards de dollars l Afghanistan pour l aider renforcer les capacit s de ses institutions nationales. Le Royaume-Uni s est dit frapp par les exemples pr cis de violations du droit international humanitaire et de destructions d infrastructures num r es par les membres du Conseil de s curit . Cela est tr s important, dans le sens o chacun de ses exemples repr sente un chec du Conseil de s curit appliquer son mandat: ces exemples sont nos checs , a-t-il dit. Esp rant que l adoption de la r solution 2567, dont la d l gation britannique s est port e coauteur, d montre l unit du Conseil sur cette question, le Royaume-Uni a appel ce dernier agir en cas de violations et combattre l impunit qui pr vaut encore trop souvent. Le Royaume-Uni a pr conis plusieurs mesures imm diates. Tout d abord, am liorer les signalements et la pr sentation de rapports et garantir une utilisation efficace des m canismes d tablissement desdits rapports. Ensuite, il a recommand d agir en cons quence et de faire davantage pour poursuivre les auteurs de destruction de biens indispensables la population civile. Le Conseil de s curit doit se tenir pr t envisager des sanctions leur encontre , a-t-il insist . En mars 2019, le Royaume-Uni a publi son premier rapport de mise en uvre du droit international humanitaire en partenariat avec le CICR, la d l gation a aujourd hui invit les autres E tats Membres faire de m me. Un h pital du nord de la Syrie a t bombard il y a tout juste un mois, a-t-elle indiqu , et ses auteurs ont un sentiment d impunit : le Conseil de s curit doit agir pour que ce sentiment cesse, a conclu le Royaume-Uni. A l intention des organes d information Document non officiel.


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