Friday 25 September 2020
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reliefweb - 1 month ago

Tchad : Etude d impacts socio-économique de la COVID-19 au Tchad - 30 juin 2020

Country: Chad Sources: UN Country Team in Chad, Government of Chad Please refer to the attached file. R sum ex cutif Le Gouvernement de la R publique du Tchad a enregistr son premier cas de la pand mie COVID-19 le 19 mars 2020. Depuis lors, le nombre de cas ne cesse d augmenter passant de un 848 cas confirm s la date du 12 juin 2020 avec 72 d c s et 718 cas gu ris et cela devrait s accroitre. Pour limiter la propagation du virus sur le territoire national, le Gouvernement a d cr t un Etat d Urgence Sanitaire et des mesures barri res drastiques sont prises allant de la fermeture de son espace a rien, de ses fronti res terrestres, des coles, des glises, des mosqu es, des bars, des restaurants, des casinos, des march s, l interdiction d attroupement, l instauration d un couvre-feu, etc. De m me, la chute brutale du prix du baril de Brent (cons cutive covid-19), fluctuant entre 22 et 30 dollars en avril par rapport son niveau de 60 dollars en f vrier 2020, est r v latrice d une crise qui va forc ment entra ner une r cession dans beaucoup de pays, dont le Tchad. Fort de ce contexte difficile, il importe de faire une valuation socio- conomique des effets du COVID-19 au Tchad afin d aider le pouvoir public prendre des meilleures d cisions pour les mesures d att nuations et de relance conomique. Ainsi, l objectif global de cette tude est d examiner les principales cons quences du COVID-19 et particuli rement celles conomiques et sociales au Tchad. Il s agit galement d examiner les implications de la pand mie sur la r alisation des ODD, tant au niveau national qu au niveau communautaire. En termes d approche m thodologique, le travail sera fait en deux s quences. Dans la premi re s quence, il sagira de collecter les donn es de r f rence (situation avant lav nement de la crise) et dobserver les effets de plusieurs restrictions sur les activit s conomiques. Ainsi, il sera possible de faire des analyses des tendances possibles sur les diff rents secteurs et faire des recommandations. Dans la 2e s quence, les statistiques d taill es et d sagr g es seront collect es au moyen des questionnaires administr s aupr s des chantillons des entreprises qui regorgent lessentiel des emplois formels et aupr s des m nages. Ainsi, l ampleur des implications de la crise seront quantifi es au moyen des calculs et des projections. Les effets sociaux et conomiques de cette pand mie sont multidimensionnels notamment des impacts directs, indirects et indirects en diff r . La dimension conomique couvre limpact sur lagriculture, le commerce, le secteur priv , particuli rement les PMEs et PMIs, le tourisme, le transport, l ducation et les activit s mini res avec une perte substantive de revenus et demplois. Elle touche galement laugmentation des prix de produits vivriers cons cutive la rupture de la chaine d offre ainsi que les effets indirects li s une faible position fiscale du Gouvernement cons cutive aux d penses lev es pour contrecarrer la crise et aux rentr es fiscales tr s r duites. Les principaux r sultats de cette premi re s quence de l tude montrent que les secteurs durement affect s par les mesures barri res au COVID-19 sont les Transports a riens et terrestre, h tellerie et restauration, commerce et ducation. Ces secteurs dont leurs contributions au PIB sont importantes doivent tre accompagn s pour se rehausser. Le sous-secteur du commerce g n ral est le plus touch par les mesures barri res. Il s agit notamment des boutiques non alimentaires (quincaillerie, ventes des cosm tiques, ventes des pr t- -porter, etc.) o plus de trente mille unit s de ventes sont ferm es depuis le 24 Mars 2020. Ils viennent, par ordre d importance les restaurants, les grillades, les tals et colporteurs, les bars-alimentations-caf s, etc. Il ressort que l activit dominante est celle des boutiques non alimentaires qui repr sente 82% des 37 830 structures ferm es dans la ville de N Djamena. Ces arr ts d activit s ont inflig une perte de revenus consid rable aux entit s conomiques concern es, ce qui est une atteinte leurs droits conomiques et sociaux. Le chiffre d affaire consid r comme le manque gagner pendant le mois d avril 2020 est estim 176,8 milliards de FCFA. N anmoins, certains secteurs semblent avoir b n fici de ces mesures. Par exemple, pour la premi re fois, la raffinerie (SRN) exporte des produits p troliers raffin s vers le Cameroun (SRN tait confront e une surproduction quelques semaines auparavant), la soci t sucri re (CST) a augment ses ventes int rieures, qui avaient t entrav es par les importations frauduleuses, la Cotontchad vend son huile v g tale sur le march local, tandis que les entreprises de t l communications ont augment leurs ventes l re du confinement/t l travail. Concernant le transport urbain, les pertes mensuelles sont estim es 760,5millions de FCFA. Pour ce qui est des transports interurbains, les pertes mensuelles sont valu es 633 millions de FCFA. Pour le transport a rien, 108 vols mensuels des six (06) compagnies qui desservent le Tchad sont simplement annul s avec une perte norme pour l conomie nationale. A ce secteur, il faut ajouter l arr t des activit s de la compagnie nationale CHADIA. Dans le secteur de l ducation en g n ral, l valuation faite sur la base du nombre des vacataires et communautaires issu des annuaires de l enseignement fondamental et de l enseignement sup rieur, donne un manque gagner en termes de vacations payer estim e 3,3 milliards de FCFA. Pour ce qui est du secteur r el, les simulations int grant les effets de cette pand mie montrent que la croissance du PIB r el projet e 6,9 % en 2020 dont 27,5% pour le secteur p trolier et 6,2% pour le secteur hors p trole, baisserait a -0,4% en raison du ralentissement des activit s p troli res (3,2%) et aussi du secteur non p trolier (-1,3 %). Le taux d inflation en moyenne annuelle s est tabli 4% en 2018 contre -0,9 % en 2017, -1 % en 2019 (INSEED, 2019) et s tablirait 3,57% apr s la pand mie de COVID-19. Les finances publiques sont galement affect es par la COVID-19. Ainsi, Le d ficit budg taire en 2020 et 2021 se creusera en raison de la baisse des recettes p troli res et de l augmentation des d penses. La chute du prix du p trole devrait faire baisser les recettes p troli res de 40 % en 2020 et de 56 % en 2021. Cependant, cette baisse sera compens e par la structure de l accord de partage de la production et de l accord fiscal p trolier avec la CNPC qui permet la compagnie de payer les imp ts avec un an de retard. Par exemple, en 2020. En cons quence, le d ficit budg taire devrait se stabiliser environ 1,5 % du PIB non p trolier en 2020 et se creuser 3,4 % en 2021. En revanche, les d penses publiques augmenteront en raison d une hausse de la masse salariale et des transferts vers le secteur de la sant pour contenir la pand mie de COVID-19. Le secteur ext rieur est durement touch par la crise sanitaire. Sous l effet de la balance commerciale, le d ficit des comptes courants se creuserait en 2020. Les exportations de p trole devraient chuter de pr s de 50 % en 2020 et les exportations totales de 34 % en raison de l impact de COVID-19 sur la demande mondiale, du choc des prix du p trole et des fermetures de fronti res. Les importations totales ne s ajusteront pas dans les m mes proportions, mais diminueront plut t de 2,3 %. La balance pargne-investissement du Tchad se d t riorera et le d ficit du compte courant (CAD) se creusera pour atteindre 13,9%. Le march du travail au Tchad conna t une contraction cons cutive au COVID-19. Selon les statistiques nationales (CCIAMA, ONAPE, CNPS, etc.) pr s de 288 607 personnes sont en ch mage technique dont les plus importants sont dans le secteur du commerce non alimentaire (155585 postes), le secteur de l ducation toute cat gorie confondue (78541 postes), le transport urbain (15210 postes), et enfin le secteur des grillades et restaurants avec respectivement un effectif de 9220 et 7460 personnes en arr t d activit . Sur la base des donn es de l Office Nationale pour la Promotion de l Emploi (ONAPE) et de la Caisse Nationale de Pr voyance Sociale (CNPS), il ressort qu en termes d homologation des postes de travail, les nationaux perdront 100 postes ; 6.000 personnes b n ficiaires de l auto-emploi seront en difficult . S agissant du programme cr dit agricole de l ONAPE, 50.000 emplois saisonniers seront perdus et 150.000 personnes seront en difficult .
Environ 82 300 travailleurs journaliers N Djam na sont en difficult s. A cela, s ajoute la situation d environ 250 000 nouveaux dipl m s qui frappent chaque ann e la porte du march de travail tchadien. La situation de ces jeunes risque d tre compromise par la pand mie du COVID-19. En effet, le ralentissement des activit s conomiques plongerait ces jeunes dipl m s dans un ch mage massif et structurel si des mesures att nuantes ne sont prises par les autorit s publiques. Enfin, l impact social imm diat de la pand mie sur les enfants au Tchad va se traduire par un bilan imm diat anticip qui s av re assez lourd. Ainsi, 744 000 enfants, dont 4808 N Djamena vont passer sous le seuil de pauvret mon taire, avec 7 494 qui vont basculer sous le seuil la pauvret extr me. Les travailleurs journaliers N Djam na verront leurs revenus affect s par la crise et la s v rit de l ins curit alimentaire sera accrue pour environ 320 027 personnes. En raison de la crise, 15 535 d enfants de moins de 5 ans additionnels seront affect s par la malnutrition aig e s v re parmi les enfants devenus pauvres en 2020, 3 023 602 d enfants g s de 3 17 ans seront en besoin d ducation et 139,676 l ves n auront plus l acc s aux cantines scolaires. De m me, les conditions d une d t rioration de la production agricole, ensemble avec l impact du Covid-19, le PAM et l UNICEF estiment que la malnutrition aig e globale va affecter un total de 1,997,507 enfants de 6 59 mois additionnels, soit 58,6% de l ensemble des enfants de 6 59 mois, et parmi eux 561,039 enfants de 6 59 mois affect s par la malnutrition aig e s v re, soit 16,4 % de l ensemble des enfants de 6 59 mois. En termes de malnutrition chronique et pertes conomiques, on note que sur le long terme, la situation actuelle pourrait conduire une augmentation de la malnutrition chronique, qui reste tr s lev e au Tchad a 32%, avec 8 provinces au-del du seuil lev de 20% et 12 provinces au-del du seuil critique de 30%. La vuln rabilit des populations tant de plus en plus grandissante, un travail d analyse s impose pour d terminer les niveaux de priorit et les r ponses urgentes apporter aux plus n cessiteux. L approche fond e sur les droits humains avec la prise en compte de des principes de participation et de non-discrimination est n cessaire afin que nul ne soit laiss derri re. Ceci ne semble pas vident par ces temps de COVID. Au regard des diff rentes effets socio- conomiques du COVID-19, des actions imm diates, moyen et long terme sont propos es l endroit du Gouvernement de la R publique du Tchad et l ensemble des partenaires techniques et financiers.


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