Sunday 27 September 2020
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reliefweb - 2 month ago

Mali: Les forces de sécurité ont fait un usage excessif de la force lors de manifestations

Country: Mali Source: Human Rights Watch Les dirigeants de l opposition devraient de leur c t dissuader leurs partisans de se livrer de nouvelles violences (Bamako) Au Mali, les forces de s curit ont fait un usage excessif de la force pour r primer des manifestations parfois violentes organis es par l opposition politique, a d clar aujourd hui Human Rights Watch. Lors de trois journ es de troubles en juillet 2020 dans la capitale Bamako, au moins 14 personnes ont t tu es et plus de 300 autres bless es, dont des manifestants, des passants et des membres des forces de s curit . Les dirigeants de la coalition des partis d opposition devraient prendre des mesures concr tes pour emp cher toute nouvelle violence de la part de leurs partisans. La crise politique actuelle a t d clench e par une d cision de la Cour constitutionnelle qui en avril a donn au parti au pouvoir une majorit parlementaire, ainsi que par un taux de ch mage lev et une instabilit persistante dans le nord et le centre du Mali, et la perception de corruption au niveau de l administration. En d pit des efforts de la Communaut conomique des E tats d Afrique de l Ouest (CEDEAO) pour d samorcer la crise, de nouvelles manifestations de l opposition sont pr vues. Les violences r centes qui ont secou la capitale ont laiss dans leur sillage un cort ge effroyable de morts et de bless s , a d clar Corinne Dufka, directrice pour le Sahel Human Rights Watch. Le recours excessif la force par les forces de s curit a clairement contribu ce lourd bilan. Pour viter la perte d autres vies, elles devraient veiller r primer les manifestations violentes avec un recours minimal la force, et les partis politiques devraient contraindre leurs membres la retenue. Depuis juin 2020, une large coalition de partis politiques d opposition, de leaders religieux et d organisations de la soci t civile plac e sous l gide du Mouvement du 5 juin Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), manifestent contre le gouvernement du pr sident Ibrahim Boubacar Keita, appelant parfois sa d mission. Lors des manifestations et des violences perp tr es du 10 au 12 juillet, les manifestants ont dress des barricades ; lanc des pierres, parfois en se servant de lance-pierres ; occup , incendi et pill en partie des immeubles gouvernementaux et menac d attaquer le domicile d un juge. Les forces de s curit ont arr t au moins cinq dirigeants de l opposition, saccag le si ge du M5-RFP et utilis des gaz lacrymog nes et des balles r elles pour d manteler les barricades et disperser les manifestants. Les dirigeants de l opposition ont t remis en libert le 13 juillet. Les chercheurs de Human Rights Watch se sont entretenus, Bamako et par t l phone, avec 26 personnes ayant connaissance de ces v nements, dont 19 t moins, ainsi qu avec des responsables gouvernementaux, des journalistes, des dirigeants de l opposition et des sp cialistes de la s curit . Les personnes interrog es ont fait tat de 14 morts parmi des manifestants et des passants, de toute vidence la suite de tirs des forces de s curit les 10 et 11 juillet. Plusieurs t moins interrog s ont t eux-m mes bless s par des grenades lacrymog nes ou par des balles. Selon un communiqu gouvernemental, la violence aurait fait 303 bless s 176 manifestants ou passants, et 127 membres des forces de s curit . Un communiqu du M5-RFP a d clar que les forces de s curit taient responsables de la mort de 23 personnes, toutes ayant succomb des tirs. Selon l Agence France Presse et l ONU, deux enfants figuraient parmi les victimes. Les dirigeants du M5-RFP ont assur Human Right Watch que les individus impliqu s dans ces violences n appartenaient pas leur mouvement, bien que certains t moignages contredisent cette affirmation. Des t moins ont indiqu que le 10 juillet, deux personnes ont t tu es par balles pr s de l Assembl e nationale et des bureaux de la radio nationale. La plupart de ces t moins estimaient qu il s agissait de balles perdues. J ai vu les corps de deux jeunes gens apr s qu ils ont t abattus l un dans la t te, l autre l estomac , a affirm un t moin. Les deux sont d c d s sur place. Le 11 juillet, des membres des forces de s curit ont abattu au moins 12 personnes dans le quartier de Badalabougou, trois ayant t tu es par ceux qui gardaient le domicile de l ancienne pr sidente de la Cour constitutionnelle. J ai vu deux jeunes s effondrer, l un atteint la t te, l autre la poitrine , a d clar un t moin. Un troisi me a t gravement bless l estomac. Nous l avons conduit en moto l h pital le plus proche, mais il n a pas surv cu. Des membres des forces de s curit ont tu au moins neuf personnes par balles apr s que leur v hicule s est retrouv coinc dans un caniveau dont la dalle de b ton avait apparemment t retir e, pr s du domicile et de la mosqu e de Mahmoud Dicko, un imam influent qui est l un des dirigeants du M5-RFP. Selon des t moins, des membres paniqu s des forces de s curit ont tir sur les manifestants alors qu ils approchaient du v hicule, tuant six d entre eux, et d autres qui prenaient la fuite. Ils ont continu tirer alors que nous courions vers la mosqu e , a relat un t moin. Trois personnes ont perdu beaucoup de sang elles sont ensuite d c d es, l int rieur de la mosqu e. Le 11 juillet, le pr sident Keita a promis que la lumi re serait faite sur ces incidents meurtriers, et le 14, le bureau du Premier ministre a annonc l ouverture d une enqu te sur l utilisation pr sum e de la Force antiterroriste d lite (FORSAT) lors des manifestations. Les autorit s devraient rendre publiques les conclusions et faire traduire en justice toutes les personnes impliqu es dans les violences. Le gouvernement malien devrait publiquement ordonner aux forces de s curit de respecter les Principes de base des Nations Unies sur le recours la force et l utilisation des armes feu par les responsables de l application des lois, a recommand Human Rights Watch. Ces Principes de base stipulent que les forces de s curit auront recours autant que possible des moyens non violents avant de faire usage de la force ou d armes feu et que chaque fois que l usage l gitime de la force ou des armes feu est in vitable, les responsables de l application des lois devront en user avec mod ration et leur action tre proportionnelle la gravit de l infraction et l objectif l gitime atteindre. En vertu de ces directives, ils devront en outre s efforcer de ne causer que le minimum de dommages et d atteintes l int grit physique et de respecter et de pr server la vie humaine. Enfin, ils ne recourront intentionnellement l usage meurtrier d armes feu que si cela est absolument in vitable pour prot ger des vies humaines . Le gouvernement devrait adresser un message clair selon lequel les abus et les actes de violence de tous bords, y compris ceux perp tr s par les forces de l ordre, feront l objet d une enqu te et de poursuites impartiales , a conclu Corinne Dufka. Une s lection de t moignages figure ci-dessous. T moignages propos de 14 d c s survenus les 10, 11 et 12 juillet 2020 10 juillet 2020 : Violences l Assembl e nationale et l Office malien de la radio et de la t l vision (ORTM) Le 10 juillet, des manifestants r pondant un appel du M5-RFP la d sob issance civile, ont bloqu des ponts et occup les locaux de la cha ne de t l vision nationale, l Office malien de la radio et de la t l vision (ORTM) et certaines parties de l Assembl e nationale. Vers 15 heures, les dirigeants du M5 ont demand l immense foule rassembl e sur la place de l Ind pendance d occuper l ORTM et l Assembl e nationale , a d clar un t moin. La plupart des gens taient pacifiques, mais certains n ont pas suivi les consignes, en particulier l Assembl e nationale, qui a fait l objet de pillages et a t en partie incendi e. J ai vu d autres manifestants attaquant un journaliste filmant le pillage et le d trousser. Les op rations des forces de l ordre pour vacuer les manifestants de l ORTM et de l Assembl e nationale auraient fait deux morts. Des t moins, des membres du M5-RFP et des journalistes ayant couvert les violences ont d clar Human Rights Watch ne pas avoir pas vu les forces de s curit tirer directement sur les manifestants, en d duisant que les deux morts, dont au moins un passant, avaient succomb des balles perdues. De l o j tais cach , je les ai vus tirer des coups de feu imprudemment pr s de l entr e de l ORTM des rafales en l air , se souvient un t moin. D autres, dont plusieurs ayant pris part aux manifestations, ont d clar que les policiers ont r pondu au pillage de l Assembl e nationale par des gaz lacrymog nes et des coups de feu, qui ont fait plusieurs bless s. J ai vu une femme bless e par une balle perdue et plusieurs personnes ont perdu connaissance cause des gaz lacrymog nes , a indiqu un autre t moin. Des t moins se trouvant l ORTM ont d clar que les forces de s curit avaient pass tabac certains manifestants coups de matraque, lanc des gaz lacrymog nes et tir balles r elles, pour d loger des manifestants pacifiques, qui ont alors commenc leur lancer des pierres. Nous avons pass une demi-heure dans la cour de l ORTM chanter paisiblement quand tout coup, des explosions de gaz lacrymog ne et des coups de feu ont retenti , a indiqu un autre t moin. Trois personnes se trouvant pr s du si ge de l ORTM ont d crit l arriv e de deux camionnettes avec leur bord des membres des forces de s curit v tus d uniformes et des cagoules noires et qui, selon eux, ont fait un usage excessif de la force. J tais dans un restaurant, 50 m tres de l ORTM, quand j ai vu un pick-up, puis un deuxi me juste derri re Les hommes se trouvant l int rieur taient habill s de noir, le visage couvert de cagoules et lourdement arm s de grenades lacrymog nes et de kalachnikov. Plusieurs personnes ont soutenu que ces hommes appartenaient une unit d lite antiterroriste, connue sous le nom de FORSAT. Ils ont lanc l assaut contre ce qui tait une manifestation pacifique , a d clar un manifestant. D s l arriv e de la FORSAT, une dizaine d hommes v tus de noir ont commenc lancer des grenades lacrymog nes et tirer balles r elles en l air. Quand je les ai vus, j ai tent de rejoindre mes camarades regroup s sur le toit de l ORTM, en n gociant pour assurer une transmission directe pour le M5. C est ce moment que la situation a d g n r , lorsque les grenades de gaz lacrymog ne ont vol de toute part et que les gens dans la cour couraient dans toutes les directions. Des t moins ont d clar que des dizaines de manifestants s taient bless s en escaladant une cl ture de barbel s et cause de gaz lacrymog ne. J ai vu une grenade exploser pr s d un jeune homme, lui br ler le bras, un autre a perdu deux doigts dans l explosion d une grenade alors qu il tentait de l loigner de la foule , a relat l un d entre eux. Selon d autres t moins, les forces de s curit n ont pas donn aux manifestants la possibilit d vacuer dans le calme les bureaux de l ORTM. L un d eux a d clar avoir vu une centaine de personnes bless es par des barbel s alors qu elles tentaient d escalader l enceinte apr s que des coups de feu ont retenti. Lorsque les forces de s curit ont commenc tirer en l air, les gens ont paniqu et ont t bloqu s dans les locaux de l ORTM , selon un homme qui a fourni les premiers soins. Alors qu ils tentaient d escalader le mur, nombreux ont t ceux qui se sont corch s les mains, les pieds et le ventre. D apr s des t moins et une d claration de l Africa Media Development Foundation, une organisation non gouvernementale, plusieurs journalistes ont t agress s la fois par des manifestants et des membres des forces de s curit , et l ORTM consid rablement pill e ou vandalis e par les manifestants. Quelques v hicules se trouvant sur place ont t incendi s pendant les violences, dont un qui a pris feu apr s avoir t touch par une grenade lacrymog ne. De ma cachette dans le parking, j ai vu un v hicule prendre feu apr s qu une grenade lacrymog ne a explos en touchant le pare-brise d une voiture , a d crit un t moin. 11 juillet 2020 : Violences proximit du domicile de l ancienne pr sidente de la Cour constitutionnelle Le 11 juillet, vers 17h, une centaine de manifestants se sont rassembl s devant le domicile de l ancienne pr sidente de la Cour constitutionnelle, Manassa Danioko, situ dans le quartier de Badalabougou Bamako. Les manifestants, dont certains lan aient des pierres et des briques, comprenaient des membres du M5-RFP, des hommes et des jeunes du quartier ; et les partisans de l imam Mahmoud Dicko, dont la mosqu e se trouve proximit . Selon des t moins, les manifestants ont pris pour cible le domicile de Manassa Danioko, l accusant de d cisions controvers es relatives plusieurs si ges parlementaires contest s. Des t moins ont d clar que vers 17h30, des membres des forces de s curit charg s de garder sa maison ont lanc sur la foule de plus en plus importante des grenades lacrymog nes et quelques minutes plus tard, tir sur un groupe de manifestants qui, selon deux t moins, progressaient peu peu vers le domicile de Manassa Danioko. Au d but, la police n a pas r agi, mais devant le nombre de plus en plus lev de manifestants, les gardes du corps ont lanc des gaz lacrymog nes et tir des coups de feu en l air, et quand ils ont vu tous ces gens, ils ont tir des coups de feu directs , a racont un t moin. D autres ont d clar que trois manifestants avaient t tu s, dont un jeune homme dont le corps est rest dans la rue plusieurs heures durant. Chaque fois que nous avons tent de r cup rer son corps pour le porter sa famille, la police nous a tir dessus , a relat un t moin. Selon le quotidien , Le Monde, quatre manifestants ont trouv la mort dans cet incident, dont deux mineurs. D apr s des t moins, les individus impliqu s dans l incident meurtrier taient des policiers de la Brigade d intervention sp ciale (BSI), v tus de noir, qui gardaient r guli rement le domicile de Manassa Danioko, et au moins un homme arm en civil. Alors que nous nous approchions de son domicile, un homme en civil v tu d un gilet pare-balles est sorti avec un fusil AK-47 , a expliqu un t moin. A environ 30 m tres de la maison, il nous a cri d arr ter, tirant d abord en l air bam ! bam ! bam ! Alors que nous avancions lentement, nous avons lev la main en scandant Manassa, d missionne ! . Il nous a alors tir dessus, tuant un jeune homme sur le coup. Plus tard, nous avons commenc lancer des pierres et plusieurs hommes arm s ont ripost par davantage de tirs, tuant deux autres personnes. 11 juillet 2020 : Violences pr s du domicile et de la mosqu e de l imam Dicko Selon des t moins, les forces de s curit ont tu par balle au moins neuf personnes le 11 juillet vers 22 heures, lors de violences opposant des manifestants, lan ant des pierres et utilisant des frondes, aux forces de s curit devant la maison et la mosqu e adjacente de Dicko, l imam influent et leader du M5-RFP. A partir de 16 heures environ, ont poursuivi les t moins, quelques centaines de personnes ont rig des barricades dans les rues menant la maison et la mosqu e de Dicko pour le prot ger de ce qu ils croyaient tre son arrestation imminente par les forces de s curit . Ils ont d crit une situation tendue, les forces de s curit usant abondamment de gaz lacrymog ne et tirant des coups de feu sporadiques partir de 17 heures environ jusque tard dans la nuit. Les fid les taient en position d fensive et avaient bloqu toutes les routes menant la mosqu e de l imam , a d clar un t moin. La majorit des victimes de tous les c t s se sont produites autour de la maison de Dicko. Des renforts des forces de l ordre ont d tre envoy s trois fois de suite partir de 16 heures, jusqu 2 heures du matin , a expliqu un sp cialiste des questions de s curit . Ses partisans taient en col re et remont s, apr s les arrestations d autres dirigeants du M5 plus t t dans la journ e. J en ai vu beaucoup avec des pierres, des frondes et quelques-uns en train de pr parer des cocktails Molotov , a d clar un autre t moin. Nous avons entendu par t l phone et sur Facebook que la police allait entrer de force dans la mosqu e de l imam et l arr ter , a d clar un autre homme. J tais l un des 100 au moins qui sont all s le prot ger. Nous avons rig des barricades, notamment en utilisant un corbillard, et avons repouss la police en lan ant des pierres. Ils ont t surpris de constater quel point l imam tait prot g par ses fid les. Les t moins et les manifestants ont d clar que les forces de s curit impliqu es dans l op ration autour du complexe de l imam taient v tues de noir et encagoul es. Je suis arriv vers 20 heures et sur mon chemin, j ai vu des hommes lourdement arm s autour de la mosqu e, habill s de noir et portant des cagoules , a affirm un participant. Les participants croyaient que les forces de s curit d ploy es appartenaient la FORSAT, bien qu aucun insigne sur leurs uniformes ou leurs v hicules n ait permis de les identifier. Selon une source des forces de s curit , certains v hicules d p ch s sur place pour r pondre aux violences qui s vissaient autour de la maison de Dicko taient plac s sous le commandement de la Brigade de police anticriminalit (BAC). Dans un entretien accord l hebdomadaire fran ais Le Point, l ex-ministre de la S curit int rieure et de la Protection civile a d clar que [p]ersonne n a vu la FORSAT. Les policiers, dans leur accoutrement, ont leur logo. S ils avaient t l , on aurait vu plus d images. Il y a plein d unit s qui sont cagoul es et portent des uniformes noirs. La grande majorit des victimes, ont affirm six t moins, dont quatre manifestants, ont t faites vers 22 heures, lorsque des membres des forces de s curit ont ouvert le feu sur un groupe de manifestants. Leur v hicule s tait retrouv coinc dans un foss , environ 100 m tres de la mosqu e de l imam, apr s que les manifestants ont intentionnellement retir la dalle de b ton qui le recouvrait. Leur intention, ont-ils affirm , tait d immobiliser et d endommager le v hicule, et de chasser les forces de s curit . Chaque fois que le v hicule blind passait, il essayait de nous chasser des barricades l aide de grenades lacrymog nes et chaque fois, nous ripostions l aide de pierres et de frondes , a t moign un participant. Apr s quelques heures de ce ping-pong, certains d entre nous ont eu l id e d immobiliser leur v hicule en enlevant une dalle de b ton qui recouvrait un foss pr s de la mosqu e de l imam. Et c est exactement ce qui s est pass la fois suivante o leur v hicule a progress dans notre direction ; il est tomb dans le foss . Les manifestants, dont quelques bless s par balle lors de l incident, ont d clar que les forces de s curit semblaient paniquer alors qu un groupe de manifestants se dirigeait vers le v hicule bloqu . Certains d entre nous ont cri : Nous allons br ler ce v hicule ! Nous avons couru dans sa direction il se trouvait environ 40 m tres. Les occupants en sont descendus, se sont agenouill s et ont ouvert le feu. Six d entre nous ont t tu s sur place pendant que le reste courait se mettre couvert. D apr s un participant, les forces de s curit ont lanc des grenades lacrymog nes avant d ouvrir le feu sur les manifestants. Les t moins ont d clar qu environ 10 autres personnes ont t bless es par balle peu pr s au m me moment, dont trois sont d c d es plus tard des suites de leurs blessures. Certains des bless s avaient t regroup s aux abords de la mosqu e lors de l embuscade tendue au v hicule des forces de s curit . Chaque fois que quelqu un bougeait, ils nous tiraient dessus. Certains des manifestants ont couru pour se r fugier derri re le corbillard ou pr s de la mosqu e, mais les forces de s curit continuaient tirer , a assur un manifestant. Pr s de la voiture blind e, j ai vu un homme qui tentait de tra ner le corps d un camarade mort quelques m tres de l . Des renforts avaient pris position au bout de la rue les balles sifflaient partout. A chaque fois qu il tentait de rapprocher le corps, un policier agenouill au bout de la rue lui tirait dessus. Nous sommes rest s l jusqu environ 23 heures, lorsque le v hicule a t extirp du foss et que la police est repartie. Un chercheur de Human Rights Watch qui s est rendu sur les lieux a constat plusieurs impacts de balles sur la porte de la mosqu e ainsi que sur le corbillard utilis s comme barricades par les manifestants comme bouclier contre les forces de s curit . Les choses ont tourn au cauchemar lorsque les fid les de l imam s en sont pris au v hicule , a d clar un manifestant. Avant cela, il y a eu des tirs et beaucoup de jets de pierres, mais je n tais au courant d aucun bless ou tu par balle la mosqu e. Le 11 juillet, plusieurs autres incidents lors desquelles des personnes ont t touch es par des balles perdues ont t signal s ; parmi ces personnes figuraient un tudiant en m decine qui a t tu , ainsi qu un footballeur international et une femme g e de 22 ans, qui ont t bless s. Recommandations Les partis politiques maliens et le M5-RFP devraient : Faire des d clarations publiques claires et fortes, aux plus hauts niveaux de chaque parti et organisation, d non ant toutes les formes de violence caract re politique. Sanctionner les membres qui se sont livr s , ont ordonn , dissimul ou incit des actes violence. Coop rer pleinement toute enqu te criminelle sur les violences perp tr es dans le cadre des manifestations. Le gouvernement malien devrait : Ordonner tous les membres des forces de s curit de respecter les Principes de base de l ONU sur le recours la force et l utilisation des armes feu par les responsables de l application des lois lors des manifestations polici res, et pr voir une formation continue relative la mise en uvre de ces principes.
Rendre publics les r sultats de l enqu te sur l intervention de la FORSAT lors des manifestations du 10 au 12 juillet.
Notifier les forces de s curit tous les niveaux que les all gations cr dibles de violations des droits humains commises par ces forces feront l objet d une enqu te, et que les auteurs seront tenus pour responsables de leurs actes.


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