Wednesday 5 August 2020
Home      All news      Contact us     
reliefweb - 4 days ago

DR Congo: RDC : en Ituri, un lieu de guérison et de justice pour les victimes de violences sexuelles du conflit

Country: Democratic Republic of the Congo Source: UN News Service Dans l est de la R publique d mocratique du Congo (RDC), le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l homme et l ONG SOFEPADI aident les victimes de violences sexuelles gu rir et obtenir r parations devant la justice. Le grand complexe abrite des b timents peints de couleurs vives. Les patients qui attendent leur tour sont assis en silence sur des bancs en bois align s dans des couloirs ouverts. Des m res avec des nouveau-n s et des enfants plus g s, des femmes g es et un homme solitaire, intemporel et taciturne pr ts rencontrer les conseillers et le personnel m dical. On pourrait penser que ces patients souffrent des maladies r guli res que l on rencontrerait dans n importe quel centre de sant du monde entier. Cependant, ils ont une histoire d chirante raconter. Une nuit, des assaillants inconnus sont entr s dans mon village. A ce moment-l , j tais juste l ext rieur du village et j ai pu me cacher mais je pouvais toujours voir ce qui se passait. Les assaillants ont tu mes enfants, ma femme et ils ont pill tous nos biens. J ai pu m chapper et me r fugier Bunia o j ai re u l aide de mon fils pour monter une petite entreprise de p che , a confi l homme. J ai crois nouveau la route des assaillants de mon village Bunia au retour de la p che. Ils m ont enlev et emmen dans leur camp. L , ils m ont forc violer deux femmes, chacune tour de r le, jour et nuit. Si je refusais, ils me mena aient et me battaient , a-t-il dit. Nous avons pass quatre jours comme a, les femmes et moi, sans avoir grand chose manger. Un jour, mes ravisseurs m ont envoy chercher de l eau dans la for t. C est ce moment-l que j ai r ussi m chapper et m enfuir vers Bunia. Je n ai pas retrouv mon fils mais j ai atteint le camp de personnes d plac es Bunia. C est l que j habite maintenant et o j ai appris le travail fait par la SOFEPADI . Le personnel du centre m dical Karibuni Wa Mama (Bienvenue aux m res) aide gu rir de nombreuses blessures - physiques et psychologiques, et fait beaucoup dans la gu rison des survivants. Le centre est g r par l ONG Solidarit f minine pour la paix et le d veloppement int gral (SOFEPADI). La SOFEPADI a t fond e il y a 20 ans par 24 femmes Bunia, dans la province de l Ituri, dans l est de la RDC. Leur premier objectif tait de faire campagne pour la paix et de promouvoir l autonomisation des femmes et les droits humains L ONG a rapidement ouvert une autre antenne Beni, dans la province du Nord-Kivu, pour lutter contre l impunit des violences sexuelles dans ces deux provinces de l est du pays. Il y a 10 ans, la SOFEPADI a largi ses activit s la prise en charge m dicale des victimes de violences sexuelles et sexistes, une activit pr c demment men e dans la r gion par une autre ONG M decins sans fronti res (MSF). Une approche holistique de la gu rison Le personnel de la SOFEPADI a adopt une approche holistique pour gu rir les survivants. Un m decin supervise les visites g n rales, la fourniture de la prophylaxie post-exposition au VIH (PPE) et des tests, et la planification familiale. Une autre unit fournit des soins psychosociaux pour faire face aux traumatismes et la r adaptation des victimes, tandis qu une autre offre une formation professionnelle aux survivants pour les aider devenir financi rement autonomes. En raison de la situation actuelle en Ituri, nous travaillons avec les personnes d plac es l int rieur du pays. En 2019, nous avons trait 1.305 victimes de violences sexuelles. Parmi eux, la moiti taient des personnes d plac es l int rieur du pays , a d clar Noella Alifua, l une des coordinatrices de la SOFEPADI. Nous allons sur le terrain avec nos cliniques mobiles et soignons les d plac s l o ils se sont retrouv s. Les victimes de violence sont la majorit de ceux que nous aidons. Nous les traitons gratuitement gr ce aux fonds de nos partenaires. Notre centre ne g n re pas suffisamment de revenus pour d autres activit s sur le terrain , a-t-elle ajout . La guerre civile en RDC a officiellement pris fin en 2003. Cependant, des poches de conflit persistent dans certaines r gions du pays. En Ituri, les violences interethniques, qui ont clat en d cembre 2017, ont fait des centaines de morts et de graves violations des droits humains, notamment des actes brutaux de violence sexuelle. Un demi-million de personnes ont t d plac es travers l Ituri et les provinces voisines. Pr s de 57.000 personnes ont trouv refuge en Ouganda. En janvier 2020, un rapport du Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l homme en RDC a d taill la violence en Ituri, d clarant que ces abus peuvent constituer des crimes contre l humanit . Dans une mise jour publi e en mai, le Bureau a en outre signal qu entre le 1er octobre 2019 et le 31 mai 2020, des assaillants arm s ont tu au moins 531 civils en Ituri. 375 d entre eux ont t tu s depuis mars, lorsque la violence a explos . Pour la SOFEPADI, l ins curit est devenue une grande pr occupation, en particulier pour leurs cliniques mobiles qui atteignent les survivants dans les zones recul es. Noella Alifua a rappel qu une de ses quipes avait chapp de peu une attaque Mahagi, un territoire situ 170 kilom tres au nord-est de Bunia. Ce qui est extr mement pr occupant dans les zones de conflit, c est que les femmes sont les plus touch es , a-t-elle d clar . Les premiers pas vers la justice R cemment, la SOFEPADI a ajout un nouveau segment ses activit s : fournir une aide juridique aux survivants et former les acteurs de la soci t civile sur les parties de la loi congolaise criminalisant la violence sexuelle ; ainsi que la sensibilisation des membres de l appareil judiciaire la violence sexuelle et sexiste. C est facu nous aidons seulement ceux qui veulent la justice. Nous couvrons tous les frais juridiques du d but la fin , a d clar Noella Alifua. Il peut y avoir des d cisions de justice, mais les auteurs sont souvent des personnes qui n ont pas les moyens de payer des r parations. C est d courageant pour les victimes , a-t-elle reconnu. Jusqu pr sent, la SOFEPADI a aid porter plus de 1.500 affaires contre des auteurs pr sum s devant les tribunaux. Nous avons galement obtenu des d cisions, mais les r parations restent un probl me , a-t-elle soulign . Constatant que l issue des affaires n a pas toujours t favorable, certaines familles ont opt pour des r glements l amiable avec les auteurs. Pour Gloria Malolo, sp cialiste des droits humains au Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l homme Bunia, les r parations apportent principalement aux victimes un sentiment de soulagement que le pr judice subi a t r par , mais renforcent galement la confiance de la population dans le syst me judiciaire. C est le combat dans lequel le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l homme s est engag , car si une victime vous dit qu elle n a aucun int r t aller devant le tribunal parce qu elle sait que le pr judice qu elle a subi ne sera pas r par , vous pouvez dire d s le d part que la victime ne sera pas int ress e , a-t-elle dit. Et cela repr sente un obstacle dans tout un syst me qui irait normalement dans la direction o la victime pourrait r cup rer tout ce qu elle a perdu - moralement ou physiquement - et sentir qu elle a obtenu r paration pour ce qu elle a endur . A Bunia, le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l homme appuie la justice dans la lutte contre les violences sexuelles en fournissant des fonds pour soutenir les enquetes et tribunaux mobiles et en fournissant une protection des victimes et des t moins afin qu ils puissent participer aux proc dures en toute s curit . L appui du Bureau conjoint des Nations Unies dans la lutte contre l impunit ne s arr te pas avec les prononc s de jugements. Il demande galement aux tribunaux et aux acteurs concern s de rechercher toutes les autres voies de recours juridiques possibles lorsque les auteurs ne sont pas en mesure de payer des r parations financi res. Dans cette lutte contre l impunit , la SOFEPADI fait partie des premiers points d entr e pour les victimes qui demandent justice. Dans le but de d couvrir la v rit , le personnel de Karibuni Wa Mama collecte des donn es m dicales pour renforcer les affaires d pos es aupr s des tribunaux. Les victimes commencent la SOFEPADI. Ils racontent les faits de leur calvaire et apportent des l ments qui permettent la SOFEPADI de commencer les g rer en tant que patients. Lorsque les victimes arrivent avec les marques de leurs blessures, la SOFEPADI est en mesure de d livrer des certificats m dicaux et de prendre des photos qui pourraient aider d couvrir la v rit , a soulign Gloria Malolo. Le tribunal militaire ou civil utilisera alors ces l ments pour d couvrir la v rit , puisque les magistrats n auront l occasion d couter les victimes que des mois apr s les v nements , a-t-elle ajout . Les traces auraient disparu, m me lorsqu il s agit de viol, les blessures auraient gu ri. Mais tous les l ments rassembl s par la SOFEPADI, d j au niveau du premier contact, permettront au juge ou au magistrat de savoir ce qui s est pass .


Latest News
Hashtags:   

Congo

 | 

Ituri

 | 

guérison

 | 

justice

 | 

victimes

 | 

violences

 | 

sexuelles

 | 

conflit

 | 
Most Popular (6 hours)

Most Popular (24 hours)

Most Popular (a week)

Sources