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reliefweb - 20 days ago

Senegal: L’éducation non formelle aide les femmes sénégalaises à combattre les MGF et les pratiques néfastes

Country: Senegal Source: Inter Press Service HYDERABAD, Inde, le 7 juillet 2020 (IPS) Ayant grandi dans le sud de la r gion de la Casamance au S n gal une zone de conflit Fatou Ndiaye, maintenant g e de 43 ans, a souvent entendu des coups de feu et regard avec effroi en voyant des gens fuir leurs villages. Mais ce qu elle redoutait plus qu une balle volante, c tait la mutilation g nitale f minine (MGF). Dans sa communaut wolof, les grands-m res du village ou les exciseuses professionnelles coupent les parties g nitales des filles d s l ge de 7 ans avec une lame tranchante. Ndiaye voulait se prononcer contre cela, mais n a pas eu le courage. Mais un jour, il y a 13 ans, elle a rencontr Aissatou Sall, une compatriote s n galaise qui a utilis l art de conter pour sensibiliser contre les MGF. Le fait d tre entr en contact avec elle et d couter ses contes m a beaucoup enseign sur la mutilation. J ai appris comment les droits des femmes taient souvent viol s sous le couvert des normes et traditions religieuses. Et cela m a donn le courage de dire ma famille que je parlerais d sormais des MGF et de toutes les pratiques n fastes, avec ou sans leur soutien , a d clar IPS Ndiaye, devenue elle-m me conteuse professionnelle. A l occasion, elle r alise galement des vid os documentaires afin de sensibiliser la soci t dans sa communaut . Comme Ndiaye, des milliers de femmes et de filles s n galaises apprennent prendre position contre la violence bas e sur le genre comme les mutilations g nitales f minines, le mariage des enfants, la lapidation et les tabous menstruels travers des plateformes de communication qui incluent l art de conter, le counseling communautaire, les applications mobiles, l art, la po sie et les vid os. VBG et l ducation des filles au S n gal Statistiquement, par rapport ses voisins les plus proches, le S n gal a un taux de violence bas e sur le genre (VBG) beaucoup plus faible, en particulier les MGF. Le taux d ducation moyen est galement beaucoup plus lev que chez ses voisins. Selon les donn es publi es par le Fonds des Nations Unies pour l Enfance, 8% des femmes de 20 24 ans taient mari es ou en union avant l ge de 15 ans et 29% des femmes de 20 24 ans taient mari es ou en union avant l ge de 18 ans. En outre, 24% des filles et des femmes s n galaises g es de 15 49 ans ont subi des mutilations g nitales f minines, tandis qu au Mali, en Gambie, en Mauritanie et en Guin e Bissau c est 89, 76, 67 et 45 pour cent respectivement pour le m me groupe d ge. Cependant, au sein des communaut s ethniques minoritaires, les chiffres sont presque aussi lev s qu l ext rieur de la fronti re, explique Molly Melching, fondatrice de Tostan l une des ONG les plus anciennes et les plus influentes du S n gal qui s emploie lutter contre les mutilations g nitales f minines gr ce la sensibilisation communautaire et l ducation non- formelle. Bas e Dakar, Tostan travaille travers l Afrique francophone ainsi qu en Somalie et Djibouti. Selon Melching, de plus en plus de S n galais rejettent les mutilations g nitales f minines gr ce un mouvement coordonn sur le terrain ax sur la sensibilisation de la communaut , qui est dirig par plusieurs mouvements de la soci t civile. Il existe d autres formes de VBG, comme le mariage des enfants, qui ont une pr valence lev e dans le pays. Les donn es de l UNICEF montrent que huit pour cent des femmes de 20 24 ans taient mari es ou en union avant l ge de 15 ans, et 29 pour cent des femmes de 20 24 ans taient mari es ou en union avant l ge de 18 ans . Au S n gal, la moyenne nationale d alphab tisation est de 51%. Mais il existe une disparit entre gar ons et filles. 70,7 pour cent des gar ons vont l cole tandis que pour les filles, le nombre est de 63 pour cent. Presque toutes les filles qui abandonnent l cole [le font] cause d un mariage pr coce , Fatou Gueye Seck, coordinatrice de la Coalition des organisations pour la d fense de l ducation publique (COSYDEP), une ONG bas e Dakar qui promeut une ducation gratuite et inclusive, raconte IPS. Mettre fin la violence bas e sur le genre (VBG) avec l ducation non formelle Melching, qui travaille au S n gal depuis quatre d cennies, dit IPS que la plupart des familles d ici ont des parents travers la fronti re qui partagent un ensemble commun de valeurs et de pratiques culturelles. Pour r soudre un probl me litigieux comme les MGF, qui est ancr dans le syst me de valeurs, il est important d duquer l ensemble de la communaut afin que les connaissances puissent galement tre partag es. Tostan a duqu les communaut s, y compris les petits groupes minoritaires vivant dans des r gions loign es, en utilisant une approche fond e sur les droits et un ensemble diversifi d outils de communication, y compris des guides en langue locale et des modules d apprentissage mobiles. Soyons honn tes: il n y a pas de changement social que si la communaut est directement impliqu e. Personne n aime a si vous allez vers eux et dites c est incorrect propos de votre culture et c est incorrect propos de votre tradition. Donc, vous devez travailler d une mani re o l espace est ouvert pour que la communaut s implique librement et s engage r fl chir et agir , a d clar Melching IPS. Au programme d autonomisation communautaire (CEP) bas sur les droits de l homme de Tostan, les membres de la communaut suivent des cours sur les droits de l homme. Ils apprennent galement leur droit la sant et le droit d tre l abri de toutes les formes de violence. Ils discutent galement des responsabilit s qu ils partagent pour prot ger ces droits dans leur communaut . Lors de s ances sur la sant , ils apprennent les cons quences n fastes potentielles, imm diates et long terme de la pratique et discutent des moyens de pr venir ces probl mes de sant l avenir. Enfin, au lieu de bl mer ou de critiquer, les membres de la communaut sont encourag s discuter de pratiques comme les MGF qui leur sont nuisibles, ce qui conduit ensuite la d cision de mettre fin la pratique. L impact a t impressionnant, r v le Melching. Plus de 8 000 communaut s du S n gal et de sept autres pays d Afrique subsaharienne ont d clar publiquement la fin des MGF et des mariages d enfants/forc s. Micro-cr dit pour freiner la VBG La reine Sheba Ciss est n e en Alabama, aux E tats-Unis, mais est revenue ses racines au S n gal il y a plus de dix ans. Depuis sept ans, Ciss aide les femmes de M bour, une ville de la r gion ouest de Thi s, devenir financi rement ind pendantes. L ONG de Ciss a mis en place un programme de microcr dit qui aide les femmes d velopper leurs propres entreprises locales. On pose aux participantes des questions comme Que veulent les femmes? Quelle entreprise va marcher? Qu est-ce qui leur donnera un mot dire dans la famille?, etc. Il est ind niable que la violence bas e sur le genre, tout comme la mutilation, est toujours un gros d fi dans notre communaut . Mais au lieu de le consid rer comme un probl me isol , nous avons adopt un regard holistique et r alis que la mutilation est effectu e par des femmes parce qu elles croient au rituel. Nous avons galement r alis que l o les femmes taient conomiquement autonomes, elles avaient une voix et leurs voix taient prises au s rieux. Nous avons donc d cid de renforcer la voix des femmes et de les aider devenir financi rement ind pendantes, afin qu elles puissent d cider de leur propre VBG , a d clar Ciss IPS. Investissement continu le besoin de l heure COVID Selon un r cent rapport publi par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), intitul Contre Ma Volont : Etat de la Population Mondiale 2020 , deux millions de cas suppl mentaires de MGF se produiront dans le monde d ici 2030. 5,6 millions de mariages d enfants suppl mentaires peuvent galement tre attendus l chelle mondiale en raison de la pand mie de coronavirus. Un nouveau rapport de l Organisation des Nations Unies pour l Education, la Science et la Culture, All means All , montre que l exclusion dans l ducation s est aggrav e pendant la pand mie de COVID-19 et qu environ 40 pour cent des pays revenu faible et moyen inf rieur n ont pas soutenu les d favoris s tels que les pauvres, les minorit s linguistiques et les apprenants handicap s lors des fermetures d coles. La liste inclut le S n gal, o seulement 13% des coles sont quip es d Internet et 28% des coles ont des ordinateurs, ce qui limite consid rablement l ducation en ligne. Pour combler les lacunes, le rapport formule une s rie de recommandations qui incluent davantage de consultations avec les communaut s, une plus grande participation des ONG et un financement cibl pour ceux qui sont actuellement en retard. Un appel similaire un soutien continu aux filles et aux femmes s n galaises touch es par la pand mie a t lanc par la campagne mondiale Deliver for Good. En avril, la campagne a publi une lettre ouverte exhortant tous les gouvernements appliquer une perspective de genre et placer les filles, les femmes et l galit des sexes au centre de la pr paration, de la r ponse et du r tablissement de COVID-19 . Propuls e par Women Deliver et divers partenaires, la campagne vise faire en sorte que les Objectifs de D veloppement Durable, notamment l objectif quatre de l ducation, fonctionnent mieux pour les filles et les femmes. Seck de COSYDEP, qui est l un des partenaires de la campagne Deliver for Good au S n gal, d crit comment la campagne a continu soutenir l ducation des filles et des femmes travers le S n gal. Nous avons travaill dans diff rentes municipalit s travers le pays, organis des r unions locales et des visites sur le terrain et nous avons vu beaucoup de ces conseils municipaux conna tre un grand succ s , dit-elle. Par exemple, dans la municipalit de Keur Massar, le maire a t d clar Maire Champion de l Education par ses pairs apr s avoir promis d augmenter le budget allou la sant g n sique des adolescents et des jeunes. A Guinchor, en Casamance, o Nadiaye vit avec ses deux jeunes enfants, la pand mie a paralys la vie. Cependant, au lieu de suspendre son travail de sensibilisation, Ndiaye explore maintenant de nouveaux domaines comme les talk-shows sur Internet pour continuer ses r cits. La beaut de l ducation non formelle est que nous enseignons et apprenons de toutes les mani res possibles. Donc, je pr vois maintenant de d marrer une mission audio. A cause de la fermeture, je ne peux pas voyager, mais avec ce spectacle, je peux aussi traverser les fronti res et duquer les gens vivant de l autre c t .


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